Nosferatu contre Dracula


Etude

Olivier Smolders

2019

Les impressions nouvelles


Cet ouvrage met en avant le chef d'œuvre de Murnau de 1922, "Nosferatu, une symphonie de l'horreur" et fait un parallèle entre Nosferatu et Dracula. Olivier Smolders revient également sur les origines du mythe, la littérature et certains films de vampires marquants.


Cette étude fait partie de la collection "La fabrique des héros".


A l'origine, le mythe du vampire propose une légion de démons femelles. Au 18ème siècle, l'Europe fut touchée par des épidémies vampiriques provoquant de véritables hallucinations collectives. Du fait d'une méconnaissance médicale, et notamment des processus de décomposition des corps, on craignait d'hypothétiques morts-vivants revenus parmi les vivants.

Avec "Le vampire" en 1819, Polidori propose un être perverti ayant un véritable attrait pour le mal. En 1871, Le Fanu donne une dimension sexuelle au vampire avec "Carmilla", où se mêle passion et effroi. En 1897 avec "Dracula", Stoker apporte quatre traits essentiels à son vampire : des origines balkaniques, une appartenance à la noblesse, l'ambivalence sexuelle, et des pulsions sadiques déraisonnables. Dracula est une incarnation codifiée du mal, proche de la figure du diable. Sa sauvagerie et ses bas instincts mettent en danger le monde civilisé. Avec son roman, Stoker établit les caractéristiques du vampire. S'inspirant de Vlad Tepes et de Bathory, il mélange faits historiques, affabulations et phénomènes mentaux encore méconnus : hypnose, paranoïa, schizophrénie, délire mystique, somnambulisme.

Le personnage de Nosferatu, incarné par Max Schreck et Klaus Kinski, fait face à des dizaines de Dracula plus ou moins grandiloquents. Nosferatu propage la peste notamment par les hordes de rats présents sur le navire qui le transporte.

Avec les adaptations de "Dracula" au théâtre (en 1924 à Londres, ou en 1927 à New York), le vampire gagne en popularité et lance l'acteur Bela Lugosi. En 1931, le film d'Universal de Browning propose Dracula au grand public. Bela Lugosi y incarne un vampire mondain, qui a perdu sa dangerosité.

En 1932, "Vampyr" de Dreyer se regarde comme une sorte de rêve. Le vampire est une vieille femme, le mal incarné, enterrée sans les saints sacrements.

En 1958, les studios Hammer propose "Le cauchemar de Dracula" avec Christopher Lee, des scènes "érotiques", et des flots de sang en technicolor.

Dans les années 1970, le cinéma vampirique décline face à une société en pleine mutation et l'émergence d'autres monstres ou de tueurs humains : "La nuit des morts-vivants" en 1968, "L'exorciste" en 1971 ou encore "Massacre à la tronçonneuse" en 1973.


Cette étude en petit format propose une couverture attractive. L'auteur présente différents résumés et extraits où il affirme ses goûts. Pour résumer ce match Dracula/Nosferatu : Avec "Dracula", Stoker donne aux vampires une histoire incontournable et des attributs physiques. Avec "Nosferatu", Murnau propose un personnage mélancolique et solitaire. Alors que Noferatu est une figure de l'impossible, Dracula est son double tapageur. Cette approche du mythe, particulière, est à réserver aux fans purs et durs.


Dracula

Nosferatu (F.W. Murnau)