Superstitions en Transylvanie


Etude

Emilie Gerard

1885-1888

Le Castor Astral


Les étrangers ne vont pas délibérément en Transylavnie, un lieu reculé et entouré de mystères. Dans ces écrits, Emilie Gerard présente une foule de superstitions bénéfiques ou mauvaises, des remèdes insolites et autres méthodes de destruction des vampires.


Les écrits d'Emilie Gerard ont été une des sources d'inspiration de Bram Stoker dans la rédaction de son roman "Dracula", paru en 1897. "Superstitions en Transylvanie", publié en 2018, regroupe des extraits de deux de ses ouvrages : "Transylvanian superstitions" de 1885 et "The land beyond the forest" de 1888.

L'ouvrage contient une présentation de l'auteur par la traductrice Pauline Tardieu-Collinet. En 1883, Emilie Gerard a vécu deux ans à Sibiu (Hermanstadt) en Roumanie pour y suivre son époux, un officier polonais.


Cette région est riche en superstitions auxquelles s'ajoutent les croyances et coutumes germaniques des colons saxons, présents depuis près de 700 ans, ou encore les superstitions errantes des tribus tziganes. Les défunts doivent pouvoir reposer en paix. Les esprits tourmentés, comme les strigois ou les redoutables nosferatus sucent le sang des vivants qui se transforment eux-aussi en vampires. On peut parfois attribuer un manque de pluie aux vampires. Pour les locaux, il existe deux sortes de vampires : les vivants et les morts. Pour les tziganes, le vampire incarne l'esprit du mal. L'enfant illégitime de deux parents eux-mêmes illégitimes a toutes les chances de devenir un vampire. Le loup-garou, ou prikolitsch, est apparenté au vampire.

De vieilles femmes étaient appelées pour détruire les vampires : un pieu fiché dans le cœur, la tête tranchée, la bouche remplie d'ail, le cœur brûlé, les cendres éparpillées sur la tombe. D'autres rituels sont cités, comme clouer le front des morts, tirer une balle dans le cercueil, utiliser le gras d'un porc tué à la St Ignace, placer une branche d'églantier ou d'épineux sur le corps du défunt. Il est recommandé de fumer et marcher autour de la tombe à chaque anniversaire du décès.

Certains événements et certaines croyances seront évoqués par Bram Stoker dans son roman "Dracula" :
- la nuit de la Saint George (le 24 avril)
- la Scholomance, ou l'école du diable
- les trésors enterrés révélés par des flammes bleues durant la nuit de la Saint George : avant minuit gardés par des esprits bienveillants ; après minuit par des esprits pernicieux
- le terme Dracu, qui désigne le diable et signifie également le dragon.

A noter que l'ail servait à lutter contre les sorcières. La dernière fut brûlée en Transylvanie en 1752. On ne devait jamais donner d'ail ou de sel à un invité qui part, pour qu'il reste chanceux.


La lecture de ce petit livret est plaisante, dépaysante, et souvent surprenante comme cette croyance qui préconise de laisser brûler sa maison pour ne pas contrer la volonté de Dieu !


Dracula