Mémoires d'outre-mort
(The lesser dead)


Roman d'horreur

Christopher Buehlman

2014

Hugo Roman


1978, New-York : Joey vit dans le réseau du métro parmi un groupe d'une quinzaine de vampires. La redoutable Margaret, leur "Maire", est la créatrice de Joey. Depuis 60 ans, Joey a conservé l'apparence de ses 15 ans. Il est proche de Cvetko, un vampire sexagénaire érudit, même s'il se moque de sa bienveillance incongrue envers ses proies. Le groupe évite de tuer pour ne pas attirer l'attention. Tout change lorsqu'ils aperçoivent des enfants vampires qui chassent dans le métro...


Christopher Buehlman a publié en 2016 un autre roman dans le même univers : "The Suicide Motor Club".


Les vampires n'ont plus de fonctions vitales comme la chaleur corporelle, la respiration ou le pouls. Ils évitent d'ingérer de la nourriture, de consommer de l'alcool ou des drogues. Contrairement aux légendes, ils se reflètent dans les miroirs. Ils apparaissent flous sur les photos. Laur salive est coagulante. Ces créatures nyctalopes disposent de capacités surnaturelles qui varient en fonction du vampire : force, rapidité, agilité, régénération rapide y compris d'amputation. Capables de modifier leur structure corporelle, ils peuvent passer dans un passage étroit. Les vampires charment efficacement leurs proies. En surface, ils utilisent leur capacité en permanence pour paraître humain (dissimuler leurs crocs, leur haleine repoussante ou encore leurs yeux fixes qui brillent dans l'obscurité). Cette capacité est accentuée par le regard. Les vampires les plus puissants sont capables de charmer une foule.

En manque de sang, les vampires sont affaiblis. Le groupe de Joey a pris pour habitude de ne pas tuer ou "peler" leurs proies. Ils s'approvisionnent sur plusieurs mortels afin de ne pas laisser de traces et alerter les autorités. Malgré leur pouvoir de régénération phénoménal, les vampires sont détruits par la lumière du jour, le feu et la décapitation. La croix repousse uniquement les vampires qui étaient croyants de leur vivant. Ils doivent être invités pour entrer dans un lieu privé. La plupart des animaux ne supportent pas la proximité des vampires. Montrer les crocs à un autre vampire est injurieux. Durant la journée, les vampires reposent dans des contenants divers. Pour transformer ou "virer" un humain, la victime est vidée de son sang puis le vampire crache dans sa blessure. Les vampires qui ont juré allégeance à Margaret doivent recevoir son consentement pour transformer quelqu'un. Pour tous les vampires, il est interdit de virer des enfants, jugés incontrôlables. Des troubles neurologiques, nommés "la fièvre nocturne", touchent les vampires les plus anciens. Ils ne supportent plus l'obscurité; leur envie de sang augmente; ils sont atteints de tremblements et finissent par s'exposer au soleil.


Avec ce roman, on revient avec plaisir aux ambiances crasseuses de Poppy Z Brite ("Ames perdues"), de Ray Garton ("Extase sanglante", "Tapineuses vampires"), de Nancy A Collins ("La volupté du sang"), ou encore de Morgane Caussarieu ("Dans les veines", "Je suis ton ombre"). Le style incisif de l'auteur m'a tout de suite accrochée. Joey, éternel adolescent, nous raconte le quotidien de ce groupe de vampires marginaux. Ces vampires du métro sont monstrueux, mais ils trouveront encore plus horribles qu'eux. On pourrait, à première vue, regretter le choix de la couverture et du titre français. Une belle découverte... en espérant que "The Suicide Motor Club" soit également publié en France.