Les vampires


Etude

Tony Faivre

1962

Le Terrain Vague


Le vampire est une superstition présente à travers le monde depuis la naissance de l’humanité. Cette étude compile les différentes coutumes liées aux vampires, des extraits de traités des 17ème et 18ème siècles, leurs explications naturelles (peste bovine, malnutrition, famine, épidémies, enterrements prématurés). Tony Faivre rapporte également des cas de vampires, avec récits et témoignages, comme celui de Plogojowitz (décédé en 1725 en Hongrie) qui se répandit dans toute l’Europe au 18ème siècle. Le personnage du vampire se déclinera dans tous les genres : de la femme vampire des contes et poèmes allemands du 18ème siècle, aux films de vampires depuis les années 1920…


Cette étude comprend des encarts d’illustrations en noir et blanc et des dessins de Jean Boullet. Tony Faivre propose une bibliographie cinématographique accompagnée d’une filmographie plus sommaire.


Le vampire eut de nombreuses appellations : sanguissugis, nachzehrer, blutsauger, murony, muroiu, strigoiu, nosferat, broucolaques, vrykolakas, etc. Il a un lien de parenté avec les morts-vivants, les loups-garous, les revenants et les sorcières. Ces êtres malfaisants sont réputés pour causer des orages, la sécheresse et propager les maladies - notamment la peste. Les populations craignaient de voir les morts exercer une action néfaste sur les vivants. Le folklore recèle un grand nombre de méthodes pour se protéger des vampires et même pour les détruire : décapitation du corps, crémation, dépouille fixée au cercueil par un pieu, aubépine, riz et graines aux vertus protectrices. Selon les croyances, certaines personnes étaient prédestinées à devenir vampire à leur mort. Pour les populations, il était particulièrement important de respecter les rites funéraires et de tenir les animaux domestiques éloignés des défunts. L’ail est peu mentionné dans le folklore alors que la littérature en a fait un moyen de prédilection pour repousser les vampires. Pour son roman « Dracula », Bram Stoker a utilisé des superstitions d’origines différentes.

Le vampire des origines étrangle ses victimes qu’il peut appeler à distance ; mâche et dévore son linceul ; peut aussi sucer le sang de ses victimes. Le vampire contamine ses proies qui se transforment alors en vampire après leur mort. Selon les croyances, il existe même des animaux et des végétaux vampires (comme les potirons et melons d’eau dans les légendes gypsies). Manger une bête égorgée par un loup est également funeste. Le vampire peut changer de forme (papillon, araignée, serpent, loup, plus rarement chauve-souris). L’enfant d’un vampire est appelé vampijerovic, vampiric ou encore dhampirese.


Cette étude explore les sources du mythe du vampire par le biais du folklore. Tony Faivre survole notamment la littérature, les arts et le cinéma des années 1920 à 1960. Passées la présentation et la mise en page très austères, l’étude est excellente.