Le vampire dans la littérature
du XXème siècle



Etude

Jean Marigny

2003

Honoré Champion


Bram Stoker, créateur du mythe littéraire du vampire, avait compilé et fait la synthèse des légendes sur les vampires. Le vampire est revenu à la mode à la fin des années 70, suivi d’un renouveau littéraire dans les années 80. Un pic de parutions a été relevé en 1995, notamment à travers des dizaines d'anthologies. Le vampire fait désormais partie intégrante de l'imaginaire collectif dans la littérature occidentale. Il est présent dans tous les genres et tous les médias. Ce personnage a tendance à se laïciser, à s’humaniser, voir à se banaliser. Objet de rêve et de cauchemar, le vampire touche un public plus diversifié. Suivant le modèle américain des séries très commerciales, il tend même à devenir insipide. Jean Marigny présente les trois caractéristiques minimales pour un vampire : la nécessité de boire du sang, la crainte du soleil et la contamination de ses proies. Il explique également les structures narratologiques des différents genres littéraires, les représentations du vampire, et propose une approche analytique et critique des grands thèmes lui étant associés (le sang, la mort, la sexualité, le mal, etc.).


Jean Marigny, ancien professeur de littérature anglo-saxonne, a publié plusieurs ouvrages sur les vampires, sujet qu'il affectionne : " Histoires anglo-saxonnes de vampires " de 1978, " Le vampire dans la littérature anglo-saxonne " de 1985, " Sang pour sang : le réveil des vampires " de 1993, " Dracula, prince des ténèbres " de 2009 et "La fascination des vampires" de 2009, "Vampires : de la légende au mythe moderne" de 2011.

Cette étude comprend également une bibliographie d’une quarantaine de pages.


Au 18ème siècle, le vampire, plus communément désigné sous le terme de revenant en corps, était un mort-vivant qui contaminait ses victimes dont il suçait le sang. Au 19ème siècle, « Le vampire » de Polidori fut adapté au théâtre avec succès par des auteurs de renom. Le personnage du vampire était alors un être surnaturel d'essence démoniaque. Le fin 19ème siècle connut l’essor des nouvelles anglo-saxonnes d'horreur. Au 20ème siècle, les pulps américains proposaient des nouvelles en tout genre : fantastique, horreur, science-fiction, policier, historique, sentimentale, érotique et jeunesse. Le vampire pouvait alors être conventionnel, parodique ou modernisé.

A la fin du 20ème siècle, le vampire s'était banalisé. Les codes se répétaient avec des caractéristiques connues d'avance. Cette littérature d'évasion n’offrait alors aucune ambiguïté. La littérature vampirique comprend désormais beaucoup de personnages féminins. Le vampire se démocratise et se banalise. Après la seconde guerre mondiale, les vampires s'urbanisèrent et eurent même souvent un métier pour se fondre dans la masse.

Avec les romans sentimentaux, la condition de vampire n’est plus irrévocable. Les auteurs démythifient le vampire en faisant évoluer son origine avec des variantes infinies (maladie, espèce différente, etc.). Le vampire psychique soustrait l'énergie vitale de ses proies à distance (les talents de sa victime, sa jeunesse ou ses émotions). Le vampire peut également être un animal, un végétal, un minéral, un lieu ou un objet. Quant aux vampires humains, ils n’ont rien de surnaturel : savants fous à la recherche de l’immortalité, tueurs en série, faux vampires...

En absorbant du sang synthétique ou animal, le vampire a tendance à se décriminaliser. Dans la littérature enfantine ou sentimentale, il devient alors un héros au rôle positif. Anne Rice en fait des êtres supérieurs, aux perceptions sublimées, et immunisés contre les maladies. Certains ressentent leur immortalité comme une malédiction. Le vampire, qui n'est plus l'incarnation du mal absolu, est capable d'aimer et de souffrir. Le lecteur peut donc s'identifier à lui.

Le vampire, masculin comme féminin, est également un être érotique. Ses crocs rétractiles, le plaisir de sa morsure et l’acte de succion soulignent son caractère sexuel. Le vampire, qui s’est laïcisé, est devenu moins sensibles aux symboles de la foi catholique. La dimension sociologique du vampire a évoluée. Le vampire peur vivre en communauté.


Dans cette étude claire et complète, Jean Marigny dissèque le vampire en littérature avec des extraits de textes pour appuyer ses dires. Il explique l’humanisation du vampire dont l'image n’a cessé de se diversifier au fil des dernières décennies. La bibliographie liste de nombreuses références de romans et de nouvelles. « Le vampire dans la littérature du XXème siècle » est un ouvrage indispensable.


Dracula (Jean Marigny)
Dracula le vampire, prince des ténèbres
La fascination des vampires
Sang pour sang : le réveil des vampires
Vampires : de la légende au mythe moderne
Vampiriquement vôtre