Carmilla


Nouvelle fantastique illustrée

Joseph Sheridan Le Fanu,
Isabella Mazzanti et Gaïd Girard

1871

Soleil


Laura et son père vivent paisiblement dans un château isolé en Styrie. Ils reçoivent une lettre de leur ami le Général Spieldorf qui leur apprend le décès de sa pupille. Laura et son père recueille Carmilla, une jeune fille commotionnée lors d’un accident de carrosse. Laura avait rêvé de Carmilla durant son enfance. Cette dernière lui affirme également la connaitre. Laura, qui éprouve à son égard un mélange d’attirance et de répulsion, finit par être subjuguée par sa beauté et ses manières engageantes. Laura est même plongée dans une sorte de transe lorsqu’elle est dans les bras de Carmilla. Après des échanges passionnés, Carmilla sombre dans de longues périodes de mélancolie. Les morts de femmes du village voisin se succèdent, lançant la rumeur d’un oupire…


Cet ouvrage, qui fait partie de la collection « Métamorphose », est paru en 2014 à l’occasion du 200ème anniversaire de la naissance de Le Fanu. Il comprend une biographie de Le Fanu, une nouvelle traduction et une lecture de Gaïd Girard. L’illustratrice Isabella Mazzanti travaille également sur « Dracula » de Bram stoker pour la collection « Métamorphose ».


Carmilla ne mange jamais avec ses hôtes. Elle a pour habitude de fermer sa chambre à clé et de ne la quitter qu’en début d’après-midi. Elle déteste les funérailles ainsi que les allusions à la maladie ou à la mort. Laura découvre que sa nouvelle amie ressemble trait pour trait au portrait de la Comtesse Mircalla Karnstein, une des ancêtres de la famille.

Les victimes de Carmilla ressentent une lassitude grandissante due à des souffrances nocturnes et une sensation d’étranglement. Leur teint maladif trahit leur détresse physique et morale.

Carmilla fut la victime d’un vampire, un siècle et demi auparavant. Elle peut quitter sa tombe sans déplacer la terre alentour ni la pierre tombale. Elle doit reposer dans son cercueil une partie de la journée. Le fond de son cercueil contient du sang sur une vingtaine de centimètres. Son corps, au teint frais et rosé, est parfaitement intact. Les vampires se reposent les yeux grands ouverts. Ils se caractérisent par une force accrue dans les mains. Selon les croyances, les vampires contaminent leurs victimes. Les suicidés sont également voués à devenir des vampires. Afin de les détruire, il convient de leur planter un pieu en plein cœur, de les décapiter puis de brûler leurs restes.


Ce beau livre est un bon moyen de découvrir cette œuvre majeure de la littérature vampirique. L’illustratrice a souhaité montrer, dans un style enfantin et élégant, le côté séduisant de Carmilla. Ses illustrations pleine page sont très réussies. Le fil conducteur, les filets rouges qui se retrouvent dans chaque dessin, affirment l’importance du sang pour ce vampire classique. J’ai également beaucoup apprécié l’étude complémentaire en fin d’ouvrage.


Carmilla