La grande encyclopédie
du merveilleux


Etude

Edouard Brasey

2012

Le Pré aux Clercs


Cette encyclopédie revient sur les origines et les caractéristiques des créatures surnaturelles, qui sont désormais les héros de romans ou de films populaires. Ces différents archétypes renvoient à notre propre nature ainsi qu'à nos peurs profondes. Quelle que soit leur origine, ces créatures se révèlent dangereuses et cruelles. Plusieurs monstres buveurs de sang se rapprochent des vampires.
- Les peuples de la lumière comprennent les créatures de l'air, de la forêt, de l'eau, de la terre et des collines.
- Le bestiaire fantastique regroupe les serpents, les dragons, les monstres marins, les loups, les chiens de l'enfer, les animaux sorciers, les montures fantastiques, les chimères et autres oiseaux fabuleux.
- Les peuples de l'ombre sont universellement redoutés pour leur apparence horrifique. Ils incarnent les peurs et les angoisses (les mystères de la nuit, de la mort, des grands froids, des métamorphoses, de l'enfer, des sorciers, des défunts, des esprits, etc.).
Edouard Brasey propose également une bibliographie conséquente.

Cette édition reprend dans leur intégralité les trois tomes de " L'Encyclopédie du merveilleux ", parus de 2005 à 2006. Edouard Brasey est également l'auteur des ouvrages " Traité de vampirologie " paru en 2009, " Traité de démonologie " en 2011 et "La bible des vampires" en 2015.


Les stryges (appartenant aux peuples de l'air et à la mythologie gréco-romaine) sont souvent apparentées aux vampires car elles se nourrissent de la chair et du sang des mortels. Ces créatures au visage de femme et à la poitrine d'oiseau évoquent également les harpies (monstres au visage d'oiseau et à la poitrine de femme). Le chant de la stryge est hypnotique. Les croyances indiquent, que pour se préserver de ces monstres, il faut manger leur chair ou les brûler.

Les chupacabras (classés dans la catégorie du bestiaire fantastique avec les loups et chiens de l'enfer) sont des monstres hybrides, d'un mètre cinquante de haut, aux dents effilées. Ils sucent le sang et mutilent le bétail. Leurs attaques ont d'abord été signalées dans les années 1970 au Mexique, puis à partir de 1995 à Porto Rico.

Les créatures vampiriques abondent dans les peuples de l'ombre. Les daugrs (appartenant aux peuples de la mort) sont des revenants scandinaves doués d'une grande force. Ils doivent être invités pour entrer dans une maison et agissent alors comme les vivants. Ces créatures nocturnes ne se décomposent pas. Pour les détruire, le meilleur moyen est de brûler leur corps et disperser leurs cendres dans l'eau courante.

Les manducateurs (ou mâcheurs de suaire) sont capables de sortir de jour comme de nuit.

Les monstres des peuples des cimetières délaissent leur tombeau la nuit venue. Ils ne se contentent pas de terrifier leurs proies mais sucent leur sang jusqu'à ce que mort s'ensuive, afin de perdurer. Les broucolaques (du grec vrykolakas) sont morts dans le péché, ont été excommuniés, veulent se venger ou n'ont pas été correctement honorés lors de leurs funérailles. Ils quittent leur tombe de nuit comme de jour. Leur corps incorruptible doit être brûlé. Le sel et les prières les repoussent. Un broucolaque exilé sur une île est incapable de la quitter.

Les goules sont des démons femelles des mythologies mésopotamienne et arabe. Dotées d'une grande force, elles hantent les déserts et les cimetières, dévorant les cadavres. Les goules prennent l'apparence d'une femme séduisante pour attirer des hommes dont elles sucent le sang.

Les kallikantzaros sont des revenants assoiffés de sang (humain et animal) originaires des Balkans. Ces créatures sont décédées de mort violente, n'ont pas été baptisées ou sont nées entre Noël et l'Epiphanie.

L'antiquité grecque regorge de lamies (également appelées empuses) décrites avec une queue de dragon et une tête de serpent. Elles pèsent sur la poitrine de leur proie endormie. Les lamies dévorent l'âme, sucent le sang des enfants et se transforment en femme séduisante pour dévorer leurs victimes masculines.

Les larves (ou lémures) sont issues de l'antiquité romaine. Ces âmes damnées (suicidés, noyés, femmes mortes en couche, suppliciés) transmettent les maladies et la folie, agissant comme des vampires psychiques. Des amulettes étaient utilisées pour s'en protéger.

Les vampires (oupires, nosferats, vourdalaks, strigois, cadaver sanguisugus, non-morts, etc.) sortent de leur cercueil, durant la nuit, en quête de sang. Ils contaminent leurs victimes qui deviendront vampires à leur mort. Ces créatures, qui n'ont ni ombre ni reflet, sont censées se transformer en animaux. Certains sont prédisposés à devenir des vampires : les enfants nés coiffés (avec le placenta sur la tête), les bébés portant des marques insolites, les enfants roux, le septième enfant, les bébés nés d'un prêtre et d'une nonne, les enfants non baptisés ou encore les pécheurs. L'enfant d'une femme enceinte regardée par un vampire deviendra également un suceur de sang à sa mort. Les vampires ne supportent pas le soleil, les objets bénis et ne peuvent pas traverser les étendues d'eau. Pour s'en protéger, sa victime devait manger du pain mêlé de sang du vampire. Les vampires étaient cloués au cercueil, décapités ou brûlés.

Les peuples de l'enfer comprennent également des créatures assoiffées du sang des vivants. Le baobhan Sith, originaire d'Ecosse, prend l'apparence d'une belle femme pour attirer et saigner ses proies masculines.

En Hongrie, le liderc ressuscite pour rejoindre sa veuve et causer sa perte.

Les succubes et les incubes sont des démons lascifs pratiquant le vampirisme sexuel. Ils absorbent les substances vitales de leurs victimes endormies. Ces démons sont capables de prendre possession d'un cadavre pour se mouvoir. Les succubes et les incubes sont repoussés par un exorcisme.

Les stregas (issues des peuples de sorciers), évoquées en Italie et en Corse, sont des sorcières avides du sang des enfants. Agissant durant la nuit, la strega peut déformer son corps, ou bien prendre la forme d'un chat ou d'un chien. Une arme blanche posée sur le lit la tient éloignée tandis que le sel la paralyse. Pour la détruire, il faut lui donner un nombre impair de coups de couteau ou pratiquer un exorcisme.

La veillée funéraire était primordiale afin de surveiller les morts et de les contraindre à passer de l'autre côté. Certaines pratiques empêchaient les esprits de s'attarder parmi les vivants : dénouer tous les liens dans la maison, voiler les miroirs, ne pas faire de mouvements circulaires, arrêter les horloges, éloigner les animaux (qui peuvent servir de véhicule à l'âme du défunt), fermer portes et fenêtres. Les vivants utilisaient également des protections contre les créatures de la nuit et les esprits : crucifix, bible, eau bénite, cierges, images saintes, rameaux, buis, sel et objets en fer.


Cette étude, très complète, est un excellent ouvrage de référence pour les amateurs de merveilleux et de fantastique. Le texte est accompagné de légendes et de nombreuses illustrations. Ce beau livre de grande taille contient plus de 430 pages.

Bible des vampires, la
Traité de démonologie
Traité de vampirologie

Le tour du monde des vampires
Les vampires folkloriques