Vampires au-delà du mythe


Etude

Marjolaine Boutet

2011

Ellipses


Dans cette étude, Marjolaine Boutet fait un tour d'horizon des grands thèmes liés au mythe du vampire. Les vampires permettent d'être confronté à l'idée de la mort et de se poser également beaucoup d'interrogations (le mal, la morale, la conscience, la peur, la longévité, etc.). Pourquoi le vampire tient-il une place si particulière dans la culture populaire occidentale ? Quels sont les personnages historiques ou littéraires qui ont marqué le mythe ?

Marjolaine Boutet s'est spécialisée dans l'étude de l'histoire contemporaine et les séries télé.


Le vampire possède une double appartenance : il est à la fois mort et vivant. Cette créature immortelle doit boire du sang pour perdurer. Les démons suceurs de sang et autres prédateurs nocturnes abondent dans les folklores du monde entier. Les premiers prenaient souvent l'apparence d'une femme séduisante (comme Lilith, Lamia et autres succubes).

Le vampire cristallisait les peurs et expliquait les phénomènes inconnus, les malformations, les anomalies lors de l'accouchement ou encore les maladies (tuberculose, porphyrie, rage). Certaines maladies présentaient des symptômes rappelant ceux du vampirisme ou de leurs victimes (toux sanglantes, allergie à l'ail, pâleur, yeux rouges, aversion à la lumière vive, température basse et crises de fatigue). Le vampire était également apparenté aux mythes du loup-garou et des sorcières ainsi qu'aux chauves-souris. En ne répondant pas aux normes sociales, le vampire matérialisait également la peur de l'étranger.

Les thèmes associés aux vampires sont ceux qui préoccupent particulièrement les adolescents : la mort, l'amour, la perte de l'enfance, le changement. Dans les années 70, l'auteur Anne Rice rendit ses héros vampires capables de sentiments et d'attachement, amoureux et filial. Le courant contemporain de la bit lit transpose le mythe du prince charmant, évoquant un amour éternel et des vampires fantasmés. Le vampire a la faculté de traverser les époques, en s'adaptant et en incarnant leurs maux.

Au 18ème siècle, Calmet se pencha sur les cas documentés de Peter Plogojovitz et d'Arnold Paole, réalisant le premier " best seller " sur les vampires avec sa Dissertation de 1746. Depuis, avec Gautier, Le Fanu et Bram Stoker, le personnage du vampire ne cessa d'évoluer. Au 19ème siècle, notamment en Angleterre, il devint une incarnation des fantasmes sexuels réprimés. Le vampire évoque toujours un désir sexuel lié aux pulsions de vie et de mort.


Cette étude très complète propose des explications claires. Les sujets sont variés : mythologiques, historiques, littéraires, les vamps, les séries télé, etc. J'ai apprécié l'organisation de l'ouvrage qui analyse l'évolution du personnage du vampire en parallèle avec le contexte et les mœurs de chaque époque. L'auteur propose de nombreuses références littéraires et cinématographiques pour illustrer ses propos. Cette étude mériterait une présentation moins austère, notamment avec des illustrations.