Encyclopaedia vampirica


Etude

Jean-Paul Ronecker

2009

Le temps présent


Au travers de ce dictionnaire, l'auteur nous expose l'universalité d'un mythe riche et complexe. Le personnage du vampire est associé à la nuit, à l'inconnu et au danger. Il pose des questions fondamentales sur l'existence et incarne les peurs viscérales de l'homme, notamment son rapport à la mort. Cette créature, qui a vaincu la mort, fascine les mortels. La représentation de ce monstre, autrefois considéré comme un paria, ne cesse d'évoluer pour rester d'actualité. Avec son roman " Dracula ", Bram Stoker créa l'archétype du vampire aux yeux du grand public. Le vampire traditionnel (issu des croyances anciennes) et le vampire moderne (forgé par la littérature et le cinéma) sont bien différents. Jean-Paul Ronecker présente les oeuvres littéraires marquantes, les fêtes et les périodes magiques, les vampires du monde entier accompagnés de leurs caractéristiques, les rites de protection, les moyens de détection et de destruction des vampires.

" L'Encyclopaedia vampirica " comprend 400 entrées alphabétiques, des extraits d'études (de Calmet, Faivre, Villeneuve, Summers, Plancy, etc.), des extraits de textes, une bibliographie, une filmographie ainsi que des illustrations (gravures et dessins). Jean-Paul Ronecker est également l'auteur de l'étude intitulée " B.A-BA : vampires ", parue en 1999.


Dans les croyances anciennes, les vampires étaient apparentés aux loups-garous et aux sorciers. Leurs origines remontent à l'évocation de nombreux esprits, démons et divinités assoiffés du sang ou des forces vitales des mortels. Le vampire folklorique (cadavre ambulant au teint rubicond) diffère du vampire séducteur de cinéma. Dans les légendes, il transmet les maladies à distance et cause des tempêtes de grêle. Sa présence influence les animaux. Le vampire folklorique peut également se transformer en insecte, en chien ou en chat. La transformation en chauve-souris est peu courante dans les légendes de vampires traditionnels. A la nuit tombée, les villageois ne devaient ni ouvrir leur porte, ni répondre à leur nom. Cette croyance est à l'origine du besoin d'invitation des vampires en littérature ou au cinéma.

Les personnes marginales ou possédant certains signes distinctifs étaient prédestinées à devenir des vampires à leur mort. De nombreux rites de protection étaient suivis pour empêcher les morts de se relever ou de mastiquer (apportant ainsi la mort à distance, ou la peste). Dans les pays de l'est, les habitants suivaient les rituels de la grande réparation (afin de détruire le corps du vampire) et de la petite réparation (pour les entraver dans leur cercueil). Les vampires craignaient le fer, les croix païennes, l'aubépine, l'encens, le feu, l'odeur de certaines résines, les bruits tonitruants. Ils ne pouvaient pas s'empêcher de lécher du miel ou de compter des graines. Pour les tromper, l'intérieur de leur cercueil était peint en rouge ou recouvert de pétales rouges. Afin de se protéger, les villageois créaient du pain (ou une mixture à boire) composé avec le sang ou le cœur du présumé vampire.


Cette étude, très complète, propose des explications claires. L'auteur a un avis clairement arrêté sur la vision romantique du vampire moderne, qu'il juge caricaturale ou ridicule. Il reproche à certains films de donner une image trop éloignée du vampire mythologique. J'ai apprécié les différentes références (caractéristiques et faiblesses) inventées par Stoker, le théâtre et le cinéma. Le seul point faible de " L'Encyclopaedia vampirica " est de ne pas du tout traiter les séries télé.


B.A-BA : vampires

Comment devenir un vampire

Le tour du monde des vampires
Les types de vampires
Les vampires folkloriques