L'énigme des vampires


Etude

Jean Markale

1991

Pygmalion


Le vampire est une des figures les plus importantes du fantastique occidental. Dans l'imaginaire populaire, le vampire ressemble au Dracula de Stoker, et plus précisément aux traits des acteurs Christopher Lee, Bela Lugosi ou encore Max Schreck. Ce mythe fondamental appartient à toutes les traditions à travers le monde. Jean Markale expose d'abord les influences de Bram Stoker, puis présente en détail le roman " Dracula ". Cette étude développe également de nombreux thèmes associés au mythe du vampire : le sang, l'étymologie, les origines, les textes classiques, les faux vampires (Tepes, Rais, Bathory, assassins, nécrophiles et nécrophages), les épidémies de vampirisme et les exhumations de cadavres…


Le non-mort, intimement associé aux puissances infernales, se nourrit du sang des vivants. Les vampires répandent le mal et la terreur. Dans la tradition populaire, ils sont souvent confondus avec les loups-garous et les sorciers. Cette créature pose la question de la survie de l'âme après la mort physique. Ayant accédé à l'immortalité, le vampire possède un corps incorruptible mais il a perdu son âme. Dans la croyance chrétienne, le vampire est un être maudit qui erre à jamais sur terre. De son vivant, s'était un criminel ou il fut excommunié. Ceux qui n'étaient pas enterrés selon des rites convenables avaient toutes les chances de se transformer en vampire.

Lié au sang, véhicule de l'énergie vitale, le vampire est associé aux fantasmes sexuels mais aussi à l'instinct de mort. Le romantisme lui apportera le thème de l'amour éternel. Le vampire dispose de multiples apparences, souvent liées à la sexualité, la voracité et la bestialité. La femme vampire joue double jeu : attirante et repoussante, maternelle et séductrice. Le vampire mâle, comme Dracula, impose son côté dominateur. Pour lui, la succion du sang est un substitut à l'acte d'amour. Dracula prend mais ne donne rien en échange. Dépossédées de leur sang comme de leur âme, ses victimes se transformeront à leur tour en goûtant au sang du vampire.

En France, dans les années 1820, Charles Nodier répandit la mode du vampire avec son mélodrame " Le vampire ". Suivront ensuite les œuvres de Théophile Gautier (" La morte amoureuse " en 1836), de Paul Féval (" La ville vampire " en 1875 puis " La vampire " en 1891) ou encore de Jules Verne (" Le château des Carpates " en 1892).


Cette étude, extrêmement dense, est desservie par sa présentation. Le texte, qui ne présente aucun découpage, souffre d'une lourdeur apte à décourager la plupart des lecteurs. " L'énigme des vampires " ravira cependant les amateurs du roman " Dracula ", grâce à une étude poussée du symbolisme de plusieurs scènes. Spécialisé dans les légendes celtiques de Bretagne, Jean Markale propose également de nombreuses anecdotes peu connues. Malgré sa richesse, cette étude reste réservée aux plus fervents - et aux plus courageux - amateurs du mythe.


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