Pourquoi nous adorons
les histoires de vampires


Etude

Stephan Valentin

2011

Jouvence


Le vampire est un personnage très populaire. Depuis le succès de la saga " Twilight ", il est largement exploité en littérature, au cinéma et à la télévision. Cette étude aborde tous les thèmes associés au vampirisme : définitions dans la psychiatrie, étymologie, origines, folklore, caractéristiques, les " parents modernes" (Bathory et Vlad Tepes), le symbolisme du sang. L'auteur analyse le succès actuel du vampire ainsi que des aspects plus originaux, comme l'apprentissage par la peur.


En psychiatrie, le vampirisme est une perversion sexuelle. Le vampirisme clinique (ou syndrome de Renfield) définit un individu excité à la vue et au goût du sang. On parle également de vampirisme émotionnel, pour les personnes qui volent l'énergie grâce à des attitudes négatives et destructrices. Le vampirisme politique décrit les individus ou les gouvernements qui s'enrichissent au dépend des autres. Les vampires sont également de petites chauves-souris d'Amérique du Sud. Ces animaux sont des espèces de la sous famille des Desmodontinae qui peuvent transmettre la rage et des maladies parasitaires au bétail.

Les premières notifications du mot " vampire " datent de 1725 (l'affaire de Peter Plogojovitz) et de 1732 (le cas Arnold Paole). Au moyen âge, on évoquait les revenants en corps. Dans la littérature, c'est le poème allemand " Der vampir " qui utilise le mot vampire en 1748. A partir de 1710, l'Europe occidentale est touchée par des épidémies de peste et des psychoses collectives. La croyance aux vampires relevait d'une méconnaissance de la décomposition des corps ou de la porphyrie, ainsi que de nombreux enterrements prématurés. En 1721 puis en 1728, la population fut également victime d'épidémies de rage.

Les origines du vampire varient selon les légendes et l'imagination des écrivains. Ce sont souvent des démons sanguinaires. Dans la foi orthodoxe, celui qui ne respecte pas les commandements risque de devenir un vampire. En 1552, l'église affirmait que les excommuniés devenaient des vampires.

Dans la croyance populaire, le vampire est un mort qui se relève pour sucer le sang des vivants. Il boit du sang humain ou animal. Dans certaines légendes, il se nourrit d'excréments, de chair ou pratique même l'auto-mastication. Le vampire actif affaiblit ses victimes (des vampires passifs qui deviendront actifs après leur mort). Le vampire est un être nocturne et immortel. Il se distingue par des crocs effilés, des ongles pointus, des paumes velues, une haleine putride ainsi qu'une peau froide et blafarde (encore plus pâle lorsqu'il ne s'est pas nourri). Lorsqu'il est en colère, ses yeux prennent une couleur rouge. Le vampire pleure également des larmes de sang.

Le vampire est doté de pouvoirs surnaturels qui se développent avec l'âge : transformations (en brume ou en animal), capacités physiques supérieures (force, rapidité, sens), téléportation et vol, influence sur le climat. Le vampire est capable de commander aux animaux et de contrôler l'esprit humain : séduction, lecture des pensées, peur, amnésie. Durant la journée, les vampires dorment dans un cercueil, sur une couche de leur terre natale. Ces créatures ne possèdent pas de reflet ni d'ombre. Elles n'ont pas de pouls et ne respirent pas.

Les vampires souffrent de nombreuses faiblesses : les rayons du soleil, les lieux sacrés, l'eau courante, les symboles sacrés, les objets en argent ou encore l'odeur de l'ail. Un vampire doit être préalablement invité pour pouvoir entrer dans un lieu privé. Il ne peut pas s'empêcher de compter des graines ou de dénouer des nœuds. Le sang des morts agit sur les vampires comme un poison. Plusieurs méthodes sont efficaces pour le tuer : un pieu dans le cœur, la décapitation, un clou dans la tête, une balle bénite. On peut également le détruire par le feu ou en le plaçant entre deux miroirs. Une branche de rosier sauvage, placée sur sa tombe, l'empêchera d'en sortir.

En temps de crise, le mythe du vampire parle aux gens qui sont fascinés par la puissance et l'immortalité de cette créature. Les romans de Stephenie Meyer sont intimement liés aux problémes des adolescents : initiation, transformation, désir d'être quelqu'un d'autre ou de devenir exceptionnel. Les adolescents sont également touchés par l'amour véritable et éternel. Le vampire est lié à la mort, notamment à la perte d'êtres chers décédés avant l'heure. Avec le mythe du vampire, l'être humain se rassure : il oublie sa peur de vieillir ainsi que son angoisse d'une séparation. Le vampire se rapproche de l'aspect sombre de notre personnalité. La morsure est un symbole sexuel qui évoque des fantasmes inavoués comme la bisexualité, la polygamie ou le désir de ne former qu'un avec l'autre.


Cette petite étude bénéficie de nombreuses qualités : articles clairs, thèmes essentiels et variés, prix très attractif. L'auteur complète ses analyses avec des sélections d'œuvres ainsi que des quizz. Un ouvrage indispensable, tant pour les néophytes que pour les passionnés du mythe.


Les faiblesses des vampires
La porphyrie
Les pouvoirs des vampires
Le syndrome de Renfield
La transmission du vampirisme
Les vampires folkloriques