Le vampire de Dusseldorf


Film d'épouvante

Robert Hossein

1965

Robert Hossein, Marie-France Pisier


En 1930, l'Allemagne subit le coût de la dette de guerre et de la crise mondiale. Le chômage et la misère découlent d'une dévaluation grandissante du mark. Au sein de cette désorganisation, les partis politiques en viennent aux mains. Un assassin, surnommé le vampire, terrorise les habitants de Dusseldorf. Insaisissable, le vampire nargue la police en lui envoyant des lettres. Peter Kurten, ouvrier sans histoire, possède une double personnalité : réservé durant la journée, il cède à ses pulsions la nuit venue. Tous les soirs, Kurten se rend au cabaret pour voir la chanteuse Anna…

Après avoir vu " M le maudit " de Lang, Robert Hossein a voulu présenter sa vision personnelle de l'histoire, en tant que réalisateur et acteur principal. Ce film en noir et blanc est accompagné par la musique d'André Hossein, le père du réalisateur. Dans la version DVD que je possède, le film est suivi d'une interview de Marcel Schneider, auteur de l'étude " Le vampire de Dusseldorf " de 1975.


Le point de vue de Robert Hossein :

Peter Kurten, empli de solitude et de tristesse, est présenté comme ayant une double vie. Le jour, il est un moins que rien, semblable aux autres miséreux. A la nuit tombée, il se transforme en bourgeois. Il a enfin le sentiment d'exister et parvient même à impressionner les autres. Chaque soir, avant de quitter sa chambre, son cérémonial de transformation revêt une importance toute particulière. Kurten est un être perturbé, plein de contradictions, rendu inquiétant par son côté infantile.

Le point de vue de Marcel Schneider :

A l'âge de 46 ans, alors qu'il menait une vie rangée, Peter Kurten se mit subitement à tuer. D'une stature imposante, et bien que n'étant pas particulièrement beau, il plaisait aux femmes qui le suivaient sans problème. Kurten se distinguait par son regard étrange et troublant. Ses importants besoins sexuels déclenchaient ses pulsions violentes. Ne se contrôlant plus, Kurten violait ses victimes, dépeçait les corps et se vautrait dans le sang. Il fit montre de perversité et de provocation morbides en envoyant des lettres à la police et aux familles des victimes. Le 29 mai 1930, Kurten fut arrêté sur le témoignage de sa onzième proie, qui lui avait échappé. Lors d'une confession catholique, Peter Kurten confia qu'il n'était plus lui-même lors de ces actes, comme possédé par le mal.


Robert Hossein propose une vision romancée de l'affaire du vampire de Dusseldorf. Il met en avant les crimes violents de Kurten et son caractère imprévisible. Dans son film, Hossein ne parle ni de la perversion sexuelle du tueur, ni des meurtres d'enfants, ni de son attirance pour le sang. L'interprétation originale de Robert Hossein est réussie. Il assure une réalisation impeccable et soignée. Pour être apprécié à sa juste valeur, ce film d'ambiance et de détails, au rythme assez lent, demande beaucoup d'implication de la part spectateur.


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Vampire de Dusseldorf, le
Le vampire de Dusseldorf