Le vampire en France


Etude

Jacques Sirgent

2010

Juste pour lire


Le vampire est motivé par un désir de survivre ou encore par la vengeance. Il reflète nos peurs et nos aspirations. Cette créature, issue des légendes et de l'imagination, symbolise l'amour éternel et la liberté. Parce qu'il entrait en concurrence avec les récits sur la vie des saints, la religion cantonna le vampire aux domaines des rêves et des hallucinations. Il convoite le sang - et donc la vie même des mortels - sujet tabou et précieux. La couleur rouge du sang évoque également les sentiments amoureux. Le vampire est lié à la sexualité et à la notion de possession. Cette étude propose un tour d'horizon des " mystères " en rapport avec les symptômes du vampirisme : les maladies (épidémies et maladies psychiques), les enterrés vivants (expliqués par les méconnaissances médicales passées), les rites sanguinaires (l'absorption du sang de ses ennemis, Gilles de Rais et ses rituels diaboliques). Pour conclure, l'auteur présente le vampire dans la littérature française contemporaine, ainsi qu'une liste de productions cinématographiques françaises.

Jacques Sirgent est un spécialiste de la personnification du mal et fondateur du " Musée des vampires " situé aux Lilas (dans le 93, près de Paris). Il publie régulièrement des articles dans des revues consacrées au paranormal. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages sur les vampires : "Les voleurs d'âmes" de 2006 (réédité en 2010), "Le livre des vampires" de 2009, "Erzsebeth Bathory " en 2010, "Anges, vampires, démons : les combattants de l'ombre" en 2011 et "Guide secret des vampires" en 2015. En 2012, il a publié une nouvelle traduction du "Dracula" de Bram Stoker chez J'ai lu et réalisa également la traduction de l'ouvrage "Le journal perdu de Bram Stoker".


Le vampire des légendes n'avait pas de longues dents. De même, ses transformations en loup ou en chauve-souris furent des créations littéraires. Le vampire folklorique n'avait rien d'un dandy séducteur mais il était sale, loqueteux, affamé, maigre, nauséabond et hirsute.

Comme l'explique Dom Augustin Calmet dans son ouvrage de 1751, " Dissertation sur les vampires ", le vampire était le refuge et le fantasme des démunis. Au Moyen Age, la population souffrait d'une eau polluée (qu'ils remplaçaient par l'alcool), de la faim et de carences alimentaires. La croyance aux revenants était exacerbée par la malnutrition mais aussi par la religion. L'homme était terrorisé par ce qui allait survenir après la mort. La religion leur inculquait que la vie sur terre n'était qu'un passage, et que seule l'âme était précieuse. La vie quotidienne des paysans tournait autour de la paroisse.

Le vampire, qui n'est qu'un corps sans âme, n'accepte pas les règles établies. Alors que le mortel est voué aux sacrifices, le vampire perdure par delà la mort et cherche uniquement à satisfaire ses envies et ses besoins. Les sorciers et les loups-garous étaient prédestinés à se transformer en vampire après leur mort.


Malgré son titre qui semble bien ciblé et une approche du point de vue de la religion, cette étude propose finalement un tour d'horizon plutôt classique du mythe des vampires. Les nombreux extraits de texte et citations appuient les propos de Jacques Sirgent. Je regrette que les réflexions de l'auteur, abondantes, ne soient pas mieux structurées. Le chapitre le plus intéressant est celui traitant des vampires en France de nos jours, avec des informations personnelles, le mépris du vampire par le cinéma français, et la disparition de son côté subversif pour laisser la place à la romance.

Coup de gueule contre Jacques Sirgent

Anges, vampires, démons
Erzsebeth Bathory : le sang des innocentes
Guide secret des vampires
Livre des vampires, le

Journal perdu de Bram Stoker, le