Dans les griffes
de la Hammer


Etude

Nicolas Stanzick

2008

Le Bord de l'eau


Le studio britannique Hammer Films, leader du genre horreur-gothique, fut également un élément charnière du cinéma fantastique. A son apogée (dans les années 60/70), ce studio se distingua par son style unique. Le succès de la firme reposa notamment sur Terence Fisher qui réalisa neuf films référents, ainsi que sur le duo d'acteur Cushing/Lee. Nicolas Stanzick nous propose un historique de la firme, des biographies, les chiffres du box-office, ainsi que les points de vue de la critique et de la censure. Cette étude analyse la situation du cinéma fantastique en France ainsi que le rôle de la Hammer dans l'émergence d'une cinéphilie fantastique française.

" Dans les griffes de la Hammer " est le premier ouvrage en français sur ce studio mythique. Cette nouvelle édition de 2010 est enrichie d'entretiens inédits avec des spécialistes du fantastique. La préface est signée par Jimmy Sangster, scénariste de classiques de la Hammer comme " Frankenstein s'est échappé " de 1957 ou encore " Le cauchemar de Dracula " de 1958. En 2014, Nicolas Stanzick et Michel Caen ont réédité les magazines Midi-Minuit Fantastique dans une collection brochée et augmentée.


Enrique Carreras et William Hinds (dont le pseudonyme était Will Hammer) s'associèrent en 1935 pour créer " Exclusive Films ". En 1949, après la guerre, le studio pris le nom de " Hammer Film Productions Limited ". Par la suite, leurs fils prirent la tête de l'entreprise : James Carreras et Anthony Hinds puis Michael, le fils de James Carreras. La Hammer produisit 50 films entre 1949 et 1957. A partir de 1951, avec les Studios de Bray et la location de vieilles demeures victoriennes, les films gagnèrent une esthétique particulière. A cette époque, les dirigeants de la Hammer signèrent leurs premiers partenariats avec des compagnies américaines, ce qui leur assura un gain d'audience et la possibilité d'engager des stars.

En 1957, " Frankenstein s'est échappé " fut un succès mondial. La Hammer eut la bonne initiative de racheter le bestiaire de créatures fantastiques à Universal, et déclina ces films en plusieurs suites. Les budgets étant généralement assez bas, leurs équipes étaient efficaces et spécialisées. Leurs films suivent des codes immuables : des scénarios inspirés de la littérature gothique anglaise, des décors victoriens, des couleurs originales qui deviendront leurs marques distinctives. La Hammer met en avant une dimension érotique et violente, en représentant des passions jusque-là inavouables : un amour fou à la limite du sadomasochisme.

Lorsque Michael Carreras prend les rênes, il est beaucoup moins enclin au fantastique que son père. Il ne crée plus la surprise et fait même de mauvais choix. Les productions de la Hammer ne sont plus de taille face à des films plus novateurs comme " La nuit des morts-vivants ", " Massacre à la tronçonneuse ", " Suspira ", " L'exorciste ", " Les dents de la mer " ou " La malédiction ". Dans les années 70, les scénarios et les réalisateurs accentuent la violence et la nudité des actrices à l'écran. En 1979, le studio cesse ses activités cinématographiques pour se tourner vers la télévision, jusqu'à la fin des années 80. En 2007, avec son rachat par John de Mol (le fondateur du Groupe Endemol), la Hammer ressuscite en conservant son identité intacte.

Les affiches des productions de la Hammer étaient à la fois terrifiantes et attirantes. Elles représentaient des thèmes tabous pour l'époque, le sexe et la violence, avec un érotisme sanglant.

A la différence de l'Angleterre, qui a une culture plus ouverte à l'irrationnel, la critique française condamna violemment les films de la Hammer. De même que le rock et la bande dessinée, le fantastique était méconnu et jugé comme une sous-culture infantile. L'horreur était le mauvais genre, poussant à la perversion et à l'immoralité. Certains critiques allèrent même jusqu'à déclarer que ces films étaient une école pour les criminels !

En France, les films de la Hammer passaient dans les cinémas de quartier. En adéquation avec les aspirations de la jeunesse, ces productions créèrent de véritables vocations chez les cinéphiles. En mai 1962, Michel Caen et Alain Lebris publièrent " Midi-Minuit-Fantastique " la première revue européenne sur le cinéma fantastique, dont le n°1 était consacré à Terence Fisher.


Nicolas Stanzick a réalisé un travail de recherche et de documentation considérable. Cette étude, qui donne la part belle au cinéma vampirique, analyse également l'évolution du cinéma fantastique en France. Les entretiens avec des spécialistes français, fans des films de la Hammer à l'époque, sont originaux et intéressants. J'ai particulièrement apprécié les différentes anecdotes des cinéphiles.


Antre de la Hammer, l'

Midi-Minuit Fantastique (volume 1)

Baiser du vampire, le

Capitaine Kronos tueur de vampires

Cauchemar de Dracula, le

Cicatrices de Dracula, les

Cirque des vampires, le
Countess Dracula
Dracula 73

Dracula et les femmes

Dracula prince des ténèbres
Légende des 7 vampires d'or, la
Lust for a vampire
Maîtresses de Dracula, les
Messe pour Dracula, une
Sévices de Dracula, les
Vampire lovers, the

Christopher Lee
Peter Cushing
Le studio de la Hammer

Dédicace