The dead travel fast :
Stalking vampires from
Nosferatu to Count Chocula



Etude en anglais

Eric Nuzum

2007

Thomas Dunne Books


En juillet, Eric Nuzum mangeait ses céréales " Count Chocula " en regardant la télé. Le Président Bush y parlait de détruire les vampires psychiques (comme les téléphones et ordinateurs portables) qui causaient de grandes pertes d'énergie. Quelques secondes plus tard, une femme déguisée en vampire vantait les mérites d'une vodka. En moins de 5 minutes - et hors période d'Halloween - l'auteur remarqua ainsi pas moins de trois références vampiriques. Il se demanda pourquoi l'image du vampire était utilisée en permanence. N'ayant aucune connaissance ou intérêt particulier pour les vampires, il décida cependant d'entreprendre des recherches approfondies sur ce sujet. Voulant explorer les diverses facettes de ce personnage, il commença par boire son propre sang, regarda des dizaines de films ainsi que la totalité de la série télé " Buffy contre les vampires ", se glissa dans la peau d'un vampire (en postulant comme acteur pour une maison hantée), surfa sur le net (se rendant compte qu'il existait plusieurs millions de sites sur le sujet), tenta de rencontrer des vampires via les réseaux sociaux, participa à des " Dracula Tours " à San Francisco puis en Roumanie, se rendit à Londres et à Whitby sur les pas de Bram Stoker, consulta les notes originales de Stoker à la bibliothèque Rosenbach à Philadelphie, lut les règles du jeu de rôle " Vampire la mascarade ", assista au show topless " Bite " à Las Vegas puis à une convention de fans de la série " Dark shadows "…


Le personnage du vampire est présent dans chaque culture. Le vampire est un des rares monstres qu'on aimerait devenir, notamment pour ses nombreux pouvoirs. Il inspire tout autant le désir que la peur. Originaire de Grèce, il fut remis au goût du jour aux 17ème et 18ème siècles en Europe de l'Est. Eric Nuzum évoque le vampire folklorique, fortement lié à la religion. On considérait par exemple que le corps les excommuniés ne se décomposait pas jusqu'à leur complète absolution et qu'ils étaient destinés à se transformer en vampire. L'auteur évoque également le sang, symbole de la vie et de la mort, les origines du mot " vampire ", et les vampires à travers le monde. Du fait du succès du roman de Bram Stoker ainsi que de ses adaptations cinématographiques, Dracula est devenu un archétype facilement reconnaissable.

Les personnes qui se déclarent être des vampires peuvent être classées en trois catégories : le " psychic " (qui se nourrit de l'énergie de ses partenaires), le " lifestyler " (qui déclare être un authentique vampire piégé dans un corps humain et vit donc la nuit, s'habille en noir et boit du sang) et le " poser " (qui se déguise en vampire uniquement pour des soirées).

Eric Nuzum interviewa certains spécialistes du fantastique et des vampires comme Forrest Ackerman, créateur de la revue " Famous Monsters of Filmland " et détenteur d'objets rares (comme la cape de Bela Lugosi utilisée au théâtre…) ou Jeanne Keyes Youngson, fondatrice du " Count Dracula fan club " en 1965, rebaptisé depuis " The vampire empire ".


Cette étude propose les informations classiques sur le mythe du vampire mais également les réflexions intelligentes et originales d'un néophyte. On peut saluer l'implication d'Eric Nuzum, qui n'hésita pas à explorer différentes pistes lors de ses recherches. Son récit est agréable à lire, drôle et parfois mordant. On retiendra sa phrase culte, qui résume bien son enquête sur les vampires : " They suck ! ".