Dracula l'immortel
(Dracula the un-dead)


Suite au roman Dracula

Dacre Stoker et Ian Holt

2009

Le Livre de Poche


1912 : Quincey, le fils de Mina et Jonathan Harker, vient d'avoir 25 ans. Contre les avis de ses parents, le jeune homme ne porte aucun intérêt à ses études de droit mais se passionne pour le théâtre. Il saisit l'opportunité d'assister à une représentation du célèbre acteur roumain Basarab. Ayant le sang de Dracula dans les veines, Mina ne semble pas vieillir. Jonathan la fuit, lui reprochant sans cesse sa liaison avec Dracula, et se réfugie dans l'alcool. Le groupe de jadis s'est dissout et le Dr Seward, avide de morphine, n'est plus que l'ombre de lui-même. Un soir, il est assassiné à Londres. L'inspecteur Cotford est chargé d'enquêter sur sa mort. Il découvre des similitudes avec une ancienne affaire : les crimes sanglants de Jack l'éventreur ayant eu lieu en 1888. Lorsque Bram Stoker veut mettre en scène son roman " Dracula ", Quincey se demande pourquoi ses parents apparaissent dans cette histoire fantastique. Il recherche alors des informations sur ce fameux Dracula…


Ian Holt, scénariste passionné par les vampires, avait eu l'idée d'une suite au roman " Dracula " dès 2003. A part le film Dracula de 1931 (avec Bela Lugosi), il trouvait que les adaptations différaient trop du roman original. Après avoir visionné un documentaire sur le Dracula de Coppola, il noua des liens avec les chercheurs Raymond McNally et Radu Florescu (auteurs d'études sur Vlad Tepes ; Florescu étant un descendant de la famille de Vlad Tepes). Par la suite, Ian Holt participa à des conférences sur les vampires et rejognit la Société Transylvanienne de Dracula. Il proposa à Dacre Stoker (l'arrière petit neveu de Bram Stoker) son projet de roman. L'idée d'une suite respectueuse du roman original séduisit Dacre Stoker.

Ils se basèrent sur les notes de Bram Stoker, exposées au Musée de Rosenbach à Philadelphie et introduisirent dans leur trame certains personnages supprimés par l'éditeur original, comme l'Inspecteur Cotford. Ils furent aidés par les recherches de l'historien Alexander Galant et les conseils de leur éditeur. Voulant intégrer Bram Stoker dans l'histoire, ils se sont basés sur une préface de " Dracula " d'une édition islandaise qui présentait ces événements comme ayant réellement eu lieu. La nouvelle de Bram Stoker, " L'invité de Dracula ", présente le tombeau d'une Comtesse vampire. Ian Holt et Dacre Stoker s'en inspirèrent pour intégrer un nouvel antagoniste d'envergure, la Comtesse Elizabeth Bathory. Ils fusionnèrent définitivement le Dracula historique et le personnage du roman. Pour le titre de leur suite, les auteurs utilisèrent le titre original que Bram Stoker avait changé : " The undead ". Dans leur œuvre, Dracula prend la parole, donnant une orientation différente à l'histoire. Ian Holt et Dacre Stoker développent le passé des personnages et les relations existant entre eux.

" Dracula l'immortel ", accrédité par la Famille Stoker, se veut respectueux du roman original. L'introduction de Bram Stoker permet de présenter un portrait réaliste de l'écrivain : un homme créatif, ayant connu de nombreux conflits internes, toujours en quête du succès. Les auteurs voulaient lui rendre hommage car il a su créer un genre avec son vampire.

La postface est rédigée par Elizabeth Miller, spécialiste de Dracula. Un projet d'adaptation au cinéma est en cours.


La morsure du vampire transmet un venin responsable de la transformation. La Comtesse Bathory avait été transformée en vampire par son cousin, le Prince Dracula. Il pensait pouvoir la délivrer de ses penchants sadiques et sanguinaires. Dracula, qui faisait parti de l'ordre des Chevaliers du Dragon, se voit toujours comme un instrument de Dieu. Lorsqu'elle est en colère, Mina acquiert une puissance et célérité surnaturelles grâce au sang de Dracula. L'eau bénite et la croix fonctionnent seulement si les vampires croyaient en Dieu de leur vivant. Les vampires disposent de pouvoirs surnaturels (illusions, télékinésie, lévitation, vol, transformation en animal ou en brume rougeâtre, contrôle mental) et de capacités physiques accrues (force, vitesse, sens, régénération).

Je trouve que cette nouvelle suite ne méritait pas son battage médiatique. Le mélange indigeste de Dracula, de Bathory, de Jack l'éventreur et de Stoker m'apparaît comme purement commercial. L'histoire revisitée du point de vue du vampire est intéressante mais nullement novatrice. Les flash-back et la biographie de Bram Stoker sont mal intégrés au récit. J'ai également trouvé que la trame manque de suspense : on devine tout de suite l'identité de Dracula et les relations entre les personnages. Les scènes gores et d'action me semblent, quant à elles, décalées pour l'époque des faits.


Dracula
Dracula l'immortel
Journal perdu de Bram Stoker, le

Dédicace des auteurs