Le livre des vampires
(The complete guide to
the world of the undead)


Etude

Manuela Dunn Mascetti

1992

Solar


En prenant de multiples formes, le vampire hante notre imaginaire depuis des siècles. Dans les Balkans, il infestait les campagnes, créant ainsi de véritables épidémies. Ces phénomènes furent même accrédités par des rapports officiels. Les populations de l'époque, persuadées que leurs maux venaient des vampires, n'hésitaient pas à exhumer leurs morts. L'auteur présente le folklore et les rites funéraires de divers pays. Avec " Dracula ", Stoker signa le portrait du vampire par excellence. Le vampire fut par la suite immortalisé par le cinéma. L'auteur propose également de remonter les traces du Comte Dracula jusqu'à Vlad Tepes, puis de poursuivre la lecture avec le vampire littéraire.


Les premiers vampires seraient assyriens et babyloniens. Ils furent par la suite évoqués partout dans le monde. Sous les Grecs, on les disait possédés par le malin. Les damnés, les âmes sans repos, et tous ceux qui étaient décédés de mort violente ou avant l'heure, étaient destinés à revenir tourmenter les vivants. L'apparence cadavérique des vampires folkloriques est bien différente de celle - souvent plus glamour - véhiculée par le cinéma. Le vampire folklorique n'avait aucun sens moral. Manipulateur et méchant, il apportait la désolation parmi ses proches. Plutôt que de sucer le sang de ses victimes, il épuisait sexuellement ses proies ou les étranglait. D'autres préféraient dérober la jeunesse ou l'espoir, voire même l'amour de leurs victimes. Le vampire contaminait ses proies, qui devenaient à leur tour des vampires à leur mort.

Les populations croyaient que le corps contenait deux esprits. Celui qui était malfaisant résidait dans le cœur. Pour se débarrasser des vampires, il fallait donc leur ficher un pieu dans la poitrine, le clouant ainsi au cercueil. S'en suivaient la décapitation et l'incinération du corps. Lors des épidémies de vampirisme, les rapports officiels détaillèrent de nombreuses opérations de mutilation et de ligotage des corps, pour les maintenir à jamais dans leurs tombes. Afin d'apaiser les esprits des morts, les vivants disposaient dans le cercueil certains objets ayant appartenus aux défunts. Afin qu'ils ne quittent pas leurs tombes, les corps étaient également enterrés face contre terre, ou ensevelis sous de lourdes pierres. Dans d'autres cas, on organisait deux funérailles, suivies d'une incinération. Les vivants se protégeaient à l'aide d'ail ou de simples, et glissaient un couteau d'argent sous leur matelas. Afin d'enrayer la contamination, il était recommandé de se frotter le corps avec le sang d'un vampire. Les vampires folkloriques craignaient également les miroirs et les étendues d'eau, supposés capturer les esprits.

Le vampire réveille les peurs viscérales des personnes vertueuses et pieuses. Il est particulièrement dangereux car il est doué de pouvoirs immenses et d'une sensualité effrénée. Il transgresse la vie, sans aucune pitié pour la dignité humaine. Il ne cessa d'évoluer au fil des siècles, quittant les campagnes pour sévir dans les milieux urbains, parfois même en groupe. Malgré son immortalité, le vampire souffre tout de même de nombreuses faiblesses et d'une existence peu enviable. Il doit vivre en marge de la société, assurer sa sécurité durant la journée, et se reposer sur une couche de terre natale.


Cette étude se focalise surtout sur les croyances et les pratiques funéraires liées aux épidémies de vampirisme du 18ème siècle. Le style et la présentation de l'auteur sont très agréables. L'ouvrage est, de plus, illustré par de nombreuses peintures et dessins inédits.


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