Visages du vampire


Etude

Sous la direction de
Barbara Sadoul

1999

Dervy


En un siècle, le mythe du vampire n'a cessé d'évoluer au gré des modes et touche à tous les genres. Cette étude présente un tour d'horizon de cette évolution en évoquant le roman " Dracula " de Stoker, le film de Coppola, le film " Entretien avec un vampire ", les chauves-souris vampires, des aperçus de la littérature (nouvelles, romans, cycles) et les films marquants. Véritable héros du 20ème siècle, Dracula a été popularisé par les films de la Hammer jusque dans les années 70. Par la suite, le vampire est devenu narrateur et une dimension tragique, souvent romantique, est apparue. Son image maléfique tend a disparaître pour une dimension plus complexe. Durant les années 70, Dracula et ses congénères firent leur apparition dans la littérature pour la jeunesse. Dans des versions plus modernes, le vampire tend à réguler son espèce pour conserver la pureté de la race. Pour cibler les adolescents, l'horreur s'associe à la comédie. Un article propose quelques références sur les jeux de rôle où les joueurs peuvent incarner des vampires (comme Ravenloft, Prédateurs, la Mascarade ou Les enfants de la nuit - supplément de Cyberpunk). Les vampires s'organisent en clans raciaux. Avec sa dépendance au sang et les souffrances qui en résultent, le vampire symbolise les maux contemporains comme les drogues ou le sida.

Barbara Sadoul a publié quatre anthologies de nouvelles fantastiques, sous le titre " La dimension fantastique ". Elle a également publié deux anthologies sur les vampires : " Les cents ans de Dracula " et " La solitude du vampire ". En 2011, le recueil "Vampirette et sortilèges" regroupe deux pièces de théâtre pour enfants. Ses autres publications concernent le personnage du loup-garou. Dans " Visages du vampire ", elle propose d'ailleurs un article sur la parenté du vampire et du loup-garou. D'autres spécialistes des vampires ont participé à cette étude, comme Jacques Finné et Jean Marigny.

Dracula est l'archétype même du vampire. Cette créature est liée aux concepts du sang, de la sexualité, de la souillure et des interdits. Elle est également associée à la nuit, à la cruauté, à la voracité, à la bestialité et à la mort. Ses morsures sont ses marques de possession sur ses proies. Le vampire a un pouvoir de contagion considérable, mais aussi d'envoûtement et d'hypnose sur les foules. Son image a évolué, d'un être maudit à un personnage complexe et brisé qui éprouve des émotions. De créature monstrueuse et prédateur nocturne, le vampire est également devenu burlesque. Jusque dans les années 1950, il était rare de rencontrer des histoires où le vampire était le narrateur. Depuis, le vampire se confesse et parle de son ennui et de sa solitude face à l'éternité. Il existe trois catégories de récits : ceux antérieurs au " Dracula " de Stoker, ceux qui offrent des variantes sur ce roman et ceux qui proposent des suites à " Dracula " ou des histoires avec le personnage historique, Vlad Tepes. Le vampire multiplie ses facettes avec notamment une connotation érotique. Il est apparenté au loup-garou (communion, transformation en loup, vampires qui de leur vivant pouvaient être un loup-garou). Ces deux prédateurs nocturnes, aux pouvoirs surnaturels, symbolisent les cauchemars ancestraux des hommes. En Europe de l'est, le terme " vukodlak " les désignait indifféremment, tandis qu'en Grèce, on les nommait " broucolaque " ou " vrycolakas ".

Cette étude présente parfaitement l'évolution constante du personnage du vampire ainsi que l'impact qu'a eu le roman " Dracula " de Bram Stoker. Les articles de différents auteurs sont clairs et agréables. Le style direct et souvent irrévérencieux de Jacques Finné peut parfois choquer.


Aylmer Vance et le vampire
Gardien du cimetière, le
Messagerie du vampire, la
Vampirette et sortilèges

Dédicace Barbara Sadoul

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