Le musée des vampires


Etude pour adultes

Roland Villeneuve et
Jean-Louis Degaudenzi

1976

Editions Henri Veyrier


Les vampires existent-ils ? Spectres, monstres, humains, extra-terrestres… mais qui sont-ils vraiment ? L'auteur aborde différents thèmes par ordre alphabétique : les noms des vampires à travers le monde, les romans marquants (comme " Dracula " de Bram Stoker, " La morte amoureuse" de Théophile Gautier) ou encore les influences du cinéma (notamment les premiers films comme " Nosferatu " de Murnau ou les interprètes de Dracula : Bela Lugosi ou Christopher Lee).

Roland Villeneuve a publié de nombreuses études sur la démonologie et sur le vampirisme : " Gilles de Rays, une grande figure diabolique " en 1955, " Loups-garous et vampires " en 1991 ou " Le vampire de poche " en 1993, ainsi qu'un recueil de nouvelles paru en 1998 : " Fils de vampire "

Les vampires, créatures hybrides, se manifestaient dans tous les pays sous diverses apparences. Ils commettaient leurs méfaits par la séduction ou par la peur. Les empuses, spectres nocturnes de l'antiquité, avaient un goût prononcé pour la chair humaine. Les striges recherchaient les enfants pour les dévorer. Le mulo, vampire gitan, buvait le sang des mortels tout en gardant des désirs sexuels. Les incubes et succubes, d'origine démoniaque, pouvaient changer de forme ou réanimer les cadavres. Ils pervertissaient l'être humain pour le laisser sans force. Les goules - ou ghuls - sévissaient dans le monde oriental. Les rites funéraires étaient codifiés dans la crainte que les morts reviennent tourmenter les vivants. Les pleureuses enjoignaient les esprits de ne pas revenir sur terre. En Europe de l'Est, on creusait un trou dans un mur, spécialement pour faire sortir le cercueil de la maison. Le défunt, ayant perdu ses repères, ne pouvait plus retrouver un accès à la maison. Les porteurs du cercueil ne devaient pas toucher les montants de la porte pour ne pas rattacher l'âme du mort au domicile. Certains vampires étaient liés à la lune et au mythe des loups-garous. Le nosferat roumain accroissait ses pouvoirs les nuits de pleine lune. Selon les superstitions chinoises, tous les interstices d'un cercueil devaient être colmatés pour qu'aucun rayon de lune n'y pénètre et réveille le mort. Dans les cultures slaves, il fallait lutter contre les oupires / upires. Les villageois plaçaient une lourde pierre sur la poitrine des cadavres pour les empêcher de sortir de leur tombe. Ils leur enfonçaient également de longs clous, les enterraient face contre terre ou bien leur coupaient les jarrets. Contre la mastication des cadavres, on leur plaçait une pièce ou une pierre dans la bouche. Ces vampires étaient responsables de véritables épidémies. Leurs victimes s'affaiblissaient, hallucinaient et perdaient tout appétit. Le vampirisme était causé par une mort violente, un suicide, une malédiction, ou pour une vengeance, la pratique de la sorcellerie, ou encore par l'excommunion. Dans certaines légendes, les vampires pouvaient enfanter avec une mortelle. Leur progéniture, les dhampires - ou vampirovitch -, avait la capacité de percevoir la présence des vampires, même immatériels. Le cinéma et la littérature développèrent les caractéristiques du vampire : tour à tour séducteur, horrible, hypnotique, psychique… Outre le vampire de légende, le monde regorge de vampires humains. La presse donne souvent le qualificatif de vampire aux fétichistes morbides, nécrophiles assassins ou tueurs en série fascinés par la vue du sang.

Cette étude, datant du milieu des années 70, propose de nombreuses illustrations (gravures, peintures, dessins, publicités, affiches…) en rapport avec le sexe et la mort. Les propos, réfléchis pour l'époque, paraissent de nos jours assez dépassés. Les annotations du roman-photo présenté en fin de volume sont bizarres, voire ridicules. Cet ouvrage est donc à réserver aux collectionneurs.


Fils de vampire
Loups-garous et vampires