Mademoiselle Christina
(Domnisoara Christina)


Roman fantastique

Mircea Eliade

1936

L'Herne


Le Professeur Nazarie se rend en Roumanie pour des fouilles archéologiques. Il est logé chez la Famille Mosco. Son hôtesse vit avec ses deux filles. La plus jeune, nommée Simina est encore une enfant ; et l'aînée, Sanda sort à peine de l'adolescence. Le Professeur fait la connaissance d'Egor, un jeune peintre résidant également dans la maison. Les forces de Mme Mosco déclinent étrangement en fin de journée. Rapidement, les deux invités se sentent mal à l'aise et ressentent comme une présence pesante. Ils éprouvent sans raison du dégoût et de la peur. Lors de la visite des lieux, leur hôtesse leur montre le tableau de Mademoiselle Christina. C'est une tante morte en 1907, soit plus de trente ans auparavant. La jeune femme peinte sur la toile possède un regard perçant qui semble suivre leurs faits et gestes. Une odeur indéfinissable flotte dans ce salon…

Mademoiselle Christina, après avoir vécu dans la débauche et la méchanceté, s'est transformée en vampire. Elle se nourrit de la vitalité de tout ce qui vit sur ses terres. Lors de l'arrivée du Professeur, tous les animaux étaient déjà morts. Elle a alors jeté son dévolu sur Sandra. Mademoiselle Christina a le pouvoir d'envoûter les humains et de les visiter dans leurs rêves. Elle peut également lire dans les pensées et communiquer par l'esprit. Ses victimes ressentent un grand froid et s'affaiblissent jusqu'à mourir de ses attaques. Des nuées de moustiques au comportement irrationnel accompagnent ses visites. Elle laisse aussi une puissante odeur de violette derrière elle. Il semble exister un autre monde rempli de créatures maléfiques. La vampire contrôle ces puissances et peut, grâce à elles, faire régner la terreur. Elle garde de sa vie passée une grande attirance pour le sexe et cherche à charmer par tous les moyens les hommes qui lui plaisent. Elle cache aux yeux des mortels la blessure par balle qui a causé sa mort. Les humains vont la vaincre à l'aide de la croix, du fer, du feu et de la lumière du jour.

Le personnage de Simina est le plus réussi. Cette jeune enfant, influencée par sa défunte parente, a des réflexions et des agissements tout à fait incongrus. Ce qui attise l'étrangeté de cette maison et de ces occupantes. Malgré un style assez lent par moment, les idées ainsi que l'atmosphère sont attractives. Ce roman est à réserver aux amateurs de classiques d'épouvante.