Nosferatu
(Nosferatu :
eine symphonie des grauens)



Film d'épouvante,
muet en N&B

Friedrich Wilhelm Murnau

1922

Max Schreck


Hutter, jeune clerc de notaire, part dans les Carpates conclure la vente d'une propriété. Il laisse derrière lui sa bien-aimée, Ellen. Après un voyage où il reçoit de mystérieux avertissements des paysans locaux, il est pris en charge par un sinistre cocher. Celui-ci le transporte jusqu'au château où il rencontre son client, l'effrayant comte Orlok. Le lendemain matin, Hutter remarque deux petites piqûres sur son cou.

C'est la première adaptation cinématographique du roman Dracula de Bram Stoker. Murnau n'en avait pas obtenu les droits et avait donc dû changer les noms des personnages. La veuve de Bram Stoker, après plusieurs années de procès, obtint la destruction des copies du film. Heureusement, certaines ont survécu. L'utilisation d'effets spéciaux est réussie pour l'époque : les apparitions du comte, sa mort, les éclairages et l'utilisation du négatif qui influent sur le décor… Des textes et documents apparaissent de temps en temps à l'écran pour expliquer la situation ou présenter les dialogues et les réflexions des personnages. Max Schreck (signifiant terreur en allemand !) donne une image mémorable du vampire : chauve, filiforme, replié sur lui même, les mains longues et griffues, maître des rats. Le jeu d'ombres est très utilisé pour montrer les déplacements et les attaques du vampire. A l'époque, sa qualité d'interprétation donna lieu à de nombreuses rumeurs, la plus extravagante étant qu'il fut réellement un vampire (l'idée sera reprise dans le film Shadow of the vampire en 2000). Murnau a participé au mouvement expressionniste allemand qui s'est développé durant les années 20. Ce courant, issu de l'après-guerre, dans une Allemagne touchée par l'inflation et la défaite, fuyait toute représentation réaliste. Les oeuvres étaient remplies d'angoisse, les personnages écrasés par le poids de la terreur. Les décors et les contrastes étaient étirés et exagérés au maximum. Nosferatu incarne parfaitement ce style de personnage : avec ses gestes, ses déplacements très raides, ainsi que son faciès démoniaque et décalé. En 1979, Werner Herzog en a réalisé un remake.

Le vampire est ici sensible à la lumière du jour, ce qui n'était pas le cas dans le roman où le comte se promenait dans les rues de Londres en pleine journée. Il est plus proche du folklore que du Dracula de Stoker. Celui-ci était affable (dans un premier temps !), cultivé et d'une certaine manière raffiné. Le comte Orlok est quant à lui décharné, blafard, bestial, il ressemble franchement à un cadavre. Le terme Nosferatu signifie " celui qui apporte la peste " ou " celui qui n'est pas mort ". Le réalisateur montre le vampire escorté par une horde de rats, qui sortent de caisses remplies de sa terre natale. L'action se situe à Brême en Allemagne en 1838, une année où la ville subit justement une épidémie. Le vampire a un reflet, on le voit dans la scène finale. Il utilise ses pouvoirs de télékinésie (pour ouvrir les portes, fermer le couvercle de son cercueil) et se dématérialise (pour entrer dans un bâtiment ou disparaître devant un témoin). Hutter trouve un livre sur les vampires, où Ellen lira la solution pour se débarrasser du vampire : elle devra se sacrifier en donnant volontairement son sang. Elle invitera le comte à entrer chez elle en ouvrant sa fenêtre.

Le style muet est assez déconcertant mais la réalisation et le montage sont très réussis. Le film est efficace, angoissant et opprimant. La simplicité est de rigueur, le réalisateur se focalisant sur quelques personnages. J'ai bien aimé la lettre écrite par Dracula, remplie de signes cabalistiques ! L'interprète de Hutter donne la chair de poule, il a l'air d'un vrai psychopathe !


Dracula

Nosferatu
Ombre du vampire, l'
Symphonia horroris

Nosferatu : plague of terror

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90 ans de cinéma vampirique

Nosferatu (figurines)