Mon voyage en Roumanie
sur les traces de Dracula


Introduction

Durant l'été 2012, j'ai parcouru pendant une semaine deux provinces de Roumanie (la Valachie et la Transylvanie) en visitant notamment les hauts lieux relatifs à Vlad Tepes situés à Bucarest, Targoviste, Poenari, Sighisoara ou encore Snagov.


Buste de Vlad Tepes à Targoviste

 


Présentation du pays

La Roumanie a une superficie de 238.391 km² (43% de la France) et compte 22 millions d'habitants. La chaîne montagneuse des Carpates couvre un tiers du territoire. La confession orthodoxe est prédominante avec près de 87% de la population. Outre 89% de roumains, 17 minorités ethniques ont été officiellement recensées : 6,6% de hongrois, 2,5% (10% officieusement) de tziganes, 0,3% d'allemands, etc.

Depuis des millénaires, cette région à l'histoire tumultueuse est une charnière entre différentes religions et divers empires dominants. Bénéficiant de nombreuses richesses naturelles (or, métaux, gaz, agriculture, sources thermales et minérales, etc.), le territoire fut souvent convoité, dans un premier temps par les romains puis par les rois de Hongrie et l'empire Ottoman. Au 12ème et 13ème siècles, les rois de Hongrie, catholiques, favorisèrent la colonisation de la Transylvanie en faisant venir des européens du nord-ouest. En échange de titres de propriété et de privilèges commerciaux, ceux-ci s'engageaient à valoriser la terre et à défendre les frontières. Vers 1600, il existait alors près de 300 citadelles saxonnes. En cas d'invasion, les populations se réfugiaient au sein des églises fortifiées saxonnes, appelées les Siebenbürgen.

Les villes médiévales de Transylvanie ont été restaurées, côtoyant un monde rural vivant. Les activités traditionnelles y sont encore préservées. Pour les travaux des champs, les paysans utilisent toujours des charrettes tirées par des chevaux ou des bœufs. Les provinces sont parsemées de villages regroupant des petites maisons paysannes aux couleurs pastel. Au mois de juillet, les capitas de fan (meules de foin empilé autour d'une perche centrale) sont omniprésentes dans la campagne.


Une meule de foin typique - Bistrita

 


Vlad Tepes Dracula

Dracula, antihéros du roman de Bram Stoker, est devenu un personnage littéraire et cinématographique incontournable. Pour son roman, Stoker s'était inspiré du personnage historique Vlad Tepes, prince de Valachie du 15ème siècle. Depuis la fin du régime communiste, Vlad " le Diable " (comme le surnomment les Roumains) attire les touristes en masse, notamment au château de Bran. La réputation de ce voïvode intransigeant, traitant les riches ou les pauvres sans distinction, fut largement noircie par ses détracteurs de l'époque. Suite à des restrictions commerciales, les marchands saxons rédigèrent de nombreux pamphlets contre Vlad Tepes, cherchant ainsi à le discréditer. Une gravure des Contes allemands de 1488 présentait le voïvode comme un monstre sanguinaire, prenant ses repas au milieu des pals.

Vlad III, surnommé Vlad Tepes, né en 1431, était le petit fils de Mircea Cel Batrin (Mircea le Vieux) et le fils de Vlad II, gouverneur de Transylvanie. Vlad Tepes accéda pour la première fois au trône de Valachie en 1448. Pour s'éloigner des Carpates et de l'influence hongroise, il déplaça la Cour, jusque là située à Targoviste, à Bucarest où il fit construire le Palais voïvodal en 1459. Les restes de Vlad III sont censés reposer au monastère de Snagov, mais certains pensent qu'ils sont plutôt à l'église de Comana, fondée en 1461 par le voïvode.


Les sept journées de mon parcours en Roumanie



Premier jour de voyage

Bucarest

Notre guide Adrian nous fit faire le tour de la ville. Durant l'entre deux guerres, Bucarest fut surnommée " Le petit Paris " en raison de son architecture élégante et de sa vie culturelle florissante. La ville reste profondément marquée par des décennies de communisme, avec comme fer de lance le Palais du Parlement ou Maison du Peuple (deuxième bâtiment au monde par ses dimensions, après le Pentagone). La ville et le reste du pays ont souffert de la politique de systématisation de Ceaucescu qui entraîna la destruction d'un cinquième de Bucarest et de nombreux villages. La capitale est parcourue par de larges boulevards et comprend de nombreux bâtiments massifs, ainsi que des barres d'immeubles. Après la révolution de 1989, la ville s'est développée rapidement, mais sans véritable plan de construction.

Selon une légende, Bucarest tire son origine d'un berger du nom de Bucur. Aujourd'hui, la capitale roumaine compte plus de deux millions d'habitants. En été où la chaleur est particulièrement étouffante, les nombreux parcs sont des sources de fraîcheur bienvenues. Le tour de la ville nous fit découvrir l'arc de triomphe, les consulats, les places (de l'Union, de la Victoire, de la Révolution, de l'Etoile, de l'Université) ainsi que les bâtiments politiques et administratifs. La restauration de Bucarest avance lentement. Adrian nous expliqua l'histoire de la Roumanie, depuis ses origines jusqu'à nos jours. Le soir, j'ai pu goûter à un des plats traditionnels : la mamaliga (une semoule de maïs qui s'apparente à la polenta italienne). Par temps chaud, les Roumains ont pour habitude de prendre une soupe lors du repas du midi. La " supa ", accompagnée de petits piments, est un bouillon léger. Certains préfèrent une " ciorba ", un potage aigre additionné de citron ou de vinaigre.



Deuxième jour

Targoviste

Située à 80 km au nord-ouest de Bucarest, Targoviste, construite par Mircea le Vieux, a été le siège du pouvoir valaque du 14ème au 17ème siècle. La Curtea Domneascu (Cour princière) reste le plus important complexe culturel d'architecture médiévale de Valachie. La forteresse (aujourd'hui en ruine), construite en 1397 par Mircea le Vieux, côtoie deux églises (toujours intactes) ainsi que la Turnul Chindia (La Tour du soleil couchant) datant de 1440. Autrefois avant-poste de garde, la Tour renferme désormais une exposition sur son fondateur Vlad Tepes. Les explications sur la famille Draculesti sont uniquement en roumain. L'escalier à vis de 121 marches mène à une vue incontournable de la Cour et la ville. La Tour fut restaurée tout au long des siècles, et surélevée de huit mètres entre 1847 et 1857.

La Tour Chindia à Targoviste

Curtea de Arges

Le monastère de Curtea de Arges, grand site de pèlerinage, est l'un des plus beaux monastères orthodoxes de Valachie. Au 14ème siècle, la ville fut le lieu de résidence des voïvodes. Construit entre 1512 et 1517 par Neagoe Basarab (le premier voïvode), le monastère est également une nécropole royale qui contient les corps des rois de Roumanie (Carol I qui régna de 1866 à 1914, Ferdinand I, de 1914 à 1927, et leurs épouses). Pour tromper les Turcs à qui il avait promis la construction d'une mosquée, les tours extérieures et les sculptures de pierre ont une apparence nettement orientale. Les tours disposaient d'un système de communication par torches notamment avec la forteresse de Poenari située à 25km. De nombreuses légendes se sont transmises concernant la construction du monastère. Les murs s'écroulant chaque nuit, le maçon Manole emmura sa femme pour enrayer la malédiction et montrer son implication dans la construction. Neagoe Basarab ayant détruit l'échafaudage, les maçons furent piégés sur le toit. Ils se fabriquèrent des ailes avec les bardeaux de bois mais s'écrasèrent en bas des tours. Selon la légende, une source jaillit à l'endroit où maître Manole trouva la mort.


Le monastère de Curtea de Arges

Poenari

La Cetatea Poienari (forteresse de Poenari) est située près du village d'Arefu, sur les gorges de l'Arges. L'accès aux ruines de la forteresse se fait en gravissant 1.480 marches étalées dans la forêt, pendant environ une demi-heure d'ascension. Le Mont Cetatuia culmine à 900m. Fondée au 14ème siècle par Basarab I, la forteresse de Poenari servit de refuge et de prison. En 1457, afin de punir les boyards de Targoviste qu'il jugeait responsables de la mort de son père et de son frère Mircea, Vlad III les força à agrandir la forteresse. Il fit construire un mur d'enceinte ainsi que trois tours de garde. En 1462, la forteresse fut assiégée par les Turcs. Selon la légende, Vlad Tepes s'enfuit jusqu'au village, en ferrant ses chevaux à l'envers pour tromper l'ennemi. Le gardien de la citadelle, posté en haut de la montagne vend également quelques documentations et souvenirs en rapport avec Vlad Tepes. Le voyage jusqu'à Sibiu nous permit de découvrir le défilé de la rivière Olt, lieu privilégié pour les cures.

L'ascension jusqu'à la forteresse de Poenari

Sibiu

Nous avons découvert la ville médiévale de Sibiu (l'une des plus vaste du pays) à la tombée de la nuit. Fondée par les colons saxons au 12ème siècle, Sibiu (dont le nom allemand est Hermannstadt) comprenait trois murs d'enceinte. Son centre historique, entièrement rénové, lui permit de devenir en 2007 la capitale européenne de la culture. Les rues piétonnes donnent sur la Piata Mare (Grande place), l'une des plus étendue de Transylvanie. L'ambiance est particulièrement dépaysante avec les Ochiuri ale orasului (les " yeux de la ville ", des lucarnes sur les toits qu'on nomme les yeux de Sibiu), les arcades médiévales, le Muzeul national Brukenthal du 18ème siècle avec sa façade de style baroque, la Turnul Sfatului (Tour du Conseil) datant du 14ème, le pont des mensonges, ouvrage en fonte qui relie la ville basse à la ville haute, la cathédrale évangélique, la cathédrale orthodoxe décorée de briques jaunes et rouges ou encore le passage de l'escalier datant du 13ème siècle en bois et en briques. Avec la ville de Medias, Sibiu a la particularité d'élire un maire allemand.

La Grand place de Sibiu




Troisième jour

Medias

La route entre Biertan, Medias et Sighisoara est bordée d'une douzaine d'églises fortifiées, sur une soixantaine de km. A l'époque, les voyageurs qui se déplaçaient à cheval pouvaient régulièrement faire halte dans les villages. Les poteaux électriques des villages actuels accueillent des nids de cigognes. Les villages les plus chanceux sont ceux qui en ont un à chaque poteau ! La région est également productrice de houblon, pour la fabrication de la bière. Autrefois Medias était un important centre de commerce pour les Saxons de Transylvanie. Suite à un conflit, Vlad Tepes y fut emprisonné par le Roi de Hongrie Matthias Corvin en 1476. Les églises de Medias et Biertan comprennent des retables anciens.


Le cachot où Vlad Tepes fut enfermé à Medias

Biertan

L'église fortifiée de Biertan est une puissante construction qui comprenait au 15ème siècle une triple enceinte flanquée de six tours. L'église évangélique Sf Maria est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. La Fondation Mihai - Eminescu oeuvrant dans cette région est patronnée par le Prince Charles, depuis longtemps passionné par la Roumanie.


L'escalier couvert en bois de l'église de Biertan

Sighisoara

Cette citadelle médiévale du 12ème siècle (dont le nom allemand est Schabburg) a la particularité d'être entièrement habitée. Sighisoara est animée par de nombreux festivals comme le festival médiéval à la fin de l'été. Particulièrement bien mise en valeur, la ville est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Les voitures extérieures ne sont pas admises dans l'enceinte de la cité. A l'origine, Sighisoara était protégée par trois enceintes qui comprenaient quatorze tours et bastions. Neuf tours de défense subsistent encore de nos jours. Ces tours étaient le siège des différentes corporations d'artisans. La promenade permet de découvrir la Piata Cetatii (place de la citadelle), la Casa cu cerb (maison au cerf) qui date de 1300, et la Casa Vlad Dracul (où habitait Vlad II, et supposée être la maison natale de Vlad III). La Turnul Cu Ceas (Tour de l'horloge), haute de 64 mètres, renferme un musée historique et scientifique. La vue à 360° permet de découvrir en détail toutes les facettes de la ville. Le " business Dracula " commence à Sighisoara, avec notamment des magnets et des tasses en tous genres à l'effigie de Vlad Tepes.

La Tour de l'horloge et la maison natale de Vlad Tepes / Vue sur la ville de Sighisoara




Quatrième jour

Sighisoara

L'après-midi de la veille atteignant les 45°C, nous avions réservé la visite de l'église en début de matinée. Pour accéder à l'église et à l'école de la colline, il faut emprunter le Scara Scolarilor (escalier des écoliers). Cet escalier en bois couvert, de 176 marches (300 à l'origine), date du 17ème siècle. La Biserica Din Deal (église évangélique de la colline), qui date du 14ème siècle, côtoie l'école allemande et l'ancien cimetière évangélique.

Articles vampiriques et fresque de Vlad Tepes à Sighisoara

Quittant Sighisoara pour la suite de notre voyage, nous sommes passés par la ville de Targu Mures, caractéristique par son architecture dite de Sécession ; puis par Reghin, ville reconnue pour ses instruments de musique ainsi que son matériel de sports d'hiver. Cette région est également productrice d'oignons rouges.

Bistrita

Bistrita fut l'étape la plus septentrionale de notre circuit. Dans le roman de Bram Stoker, Jonathan Harker y fait une halte à l'auberge de la Couronne d'or avant de rejoindre le château de Dracula situé au Col de Borgo. Pour satisfaire la curiosité des touristes, la ville s'est dotée d'une auberge jouxtant le complexe de l'Hôtel Corona de Azur. L'hôtel possède également un " Salon Jonathan Harker " décoré spécialement pour des réceptions sur le thème des vampires.


L'auberge de Jonathan Hraker à Bistrita

Défilé de Tihuta

Notre longue journée de route s'acheva par notre arrivée à l'Hôtel Castel Dracula, situé à 1116 mètres d'altitude. Le complexe a été construit sur le lieu où, selon l'imagination de Stoker, se dresse le château du Comte Dracula. L'hôtel est également proche d'une station de sport d'hiver. Pour satisfaire sa clientèle, une petite attraction se déroule au sous-sol. Les touristes y suivent une hôtesse parée d'une cape jusqu'à l'antre de Dracula. L'hôtesse y explique (d'un ton monocorde et blasé) les légendes et la vie supposée du vampire à la lueur d'une bougie. Pour terminer la visite, un vampire sort précipitamment du cercueil pour effrayer les spectateurs les plus crédules ! Quelques documents sont également en vente à la réception : le journal de Transylvanie ainsi qu'un passeport. Un marché restreint propose des articles " traditionnels " et vampiriques à l'extérieur de l'hôtel. Une église arborant une croix monumentale a été construite en face du château, sans doute pour contrer l'influence du vampire !

L'Hôtel Castel Dracula et le buste de Bram Stoker à Bistrita - Nassaud




Cinquième jour

Sur la route en direction de Brasov, nous apercevons sur les hauteurs la forteresse de Rasnov, qui date du 13ème siècle.

Brasov

La ville fortifiée de Brasov (Kronstadt en allemand) fut fondée par les Saxons au 13ème siècle. Quelques vestiges subsistent de son mur d'enceinte et de ses sept bastions défensifs, dont la Porte Sainte Catherine située à l'entrée ouest de la citadelle. De nos jours, la ville est indiquée par des lettres géantes " Brasov " surplombant la montagne, qui évoquent celles d'Hollywood… Malgré la forte industrialisation sous l'époque communiste, le centre médiéval est demeuré intact. Située à 160km au nord de Bucarest, Brasov est une étape touristique et une célèbre station de sports d'hiver. Du 16ème siècle jusqu'à la fin du 18ème, la ville était renommée pour ses artisans et ses puissantes corporations. Le centre historique s'articule en étroites rues médiévales, dont la Strada Sforri (rue de la ficelle), sensée être la plus étroite d'Europe. La Piata Sfatului (Place du Conseil) est le cœur de la vieille ville, dominé par la Casa Sfatului (Maison du Conseil) datant de 1420 avec sa Turnul Trompetilor (Tour des trompettes). Aujourd'hui, le bâtiment abrite l'office de tourisme et le musée d'histoire. La Biserica Neagra (Eglise noire évangélique) du 14ème siècle comprend une statue de la Vierge noire ainsi qu'une collection d'une centaine de tapis orientaux. L'église tire son nom de l'incendie qui l'avait touchée en 1689. L'église noire est un des plus grands édifices de culte en style gothique d'Europe de l'Est. Le restaurant Cerbul Carpatin propose des spectacles folkloriques dans son immense cave du 16ème siècle.

La Place du Conseil et l'Eglise noire de Brasov

 


Sixième jour

Bran

Le village de Bran est situé à une trentaine de kilomètres de Brasov. Castel Bran (Château de Bran) est le second lieu le plus visité de Roumanie après les plages de la Mer noire. Il est reconnaissable à ses murailles abruptes et à ses tours pointues aux rares ouvertures. Construit en 1212 par les chevaliers Teutoniques (conviés par roi Hongrois Endre II en 1211 pour protéger les frontières des pillards) sur un promontoire rocheux, le château fut consolidé récemment. En 1377, le roi de Hongrie Louis I d'Anjou fit aménager le château. De nos jours, il appartient à Dominique de Habsbourg, le petit fils de la Reine Marie de Roumanie.

Situé sur un point de passage stratégique entre la Valachie et la Transylvanie, le château de Bran disposait d'une garnison et d'un poste de douane. A la fin du 14ème siècle, Micea le Vieux le reçu pour sa lutte contre les Turcs. Le château se transmit par la suite aux différents voïvodes. Propriété de la région de Brasov jusqu'en 1920, il fut donné à la Reine Marie de Roumanie. Les liens entre le château de Bran et Vlad III sont en fait très ténus. Le voïvode ne résida jamais à Bran, n'y effectuant qu'un court séjour lors de ses démêlés avec les marchands saxons de Brasov en 1459.

Au fil de ses couloirs étroits et de sa multitude de petites pièces, le château de Bran propose une exposition (en anglais et en roumain) sur le thème des vampires : les mystères entourant la mort de Vlad Tepes, Bram Stoker et son roman " Dracula ", le mythe des vampires, Vlad II et l'ordre du Dragon, la légende des strigois.

Le château de Bran

Dans la mythologie roumaine, le strigoi est un esprit mauvais. Il ne supporte pas l'ail, les oignons ou l'encens. Il est tout puissant durant la nuit néfaste de la Saint André. Selon les croyances, le strigoi provoque la sécheresse, vole le lait et les récoltes. Il dérobe les forces vitales des hommes et du bétail. Il nait comme un enfant humain mais avec la particularité d'être coiffé. Sa mère a eu le malheur de boire une eau maudite ou de sortir sans se couvrir la tête. Le strigoi possède également une queue poilue. Certains sont prédestinés à devenir des strigois : les enfants non baptisés, les personnes décédées de mort violente, ceux ayant commis de mauvaises actions, les malades ayant été délaissés. Les défunts étaient également surveillés de près sous peine de se transformer. Les animaux domestiques devaient être éloignés des cadavres. Durant les nuits de pleine lune, les strigois quittaient leur tombe. Ils pouvaient quitter leur corps pour se déplacer sous forme d'esprit. Pour s'en protéger, les populations clouaient le corps au cercueil, l'aspergeaient d'eau, récitaient des prières, fichaient un pieu en bois de chêne ou frêne dans sa poitrine ou lui ôtaient son bonnet.

Le château de Bran dispose d'une boutique et, à proximité du site, d'un " Dracula bazar ". Ce marché propose des articles vampiriques en tous genres, ainsi que des produits locaux et artisanaux.

Le "Dracula bazar" à Bran

Sinaia

Sinaia est surnommée " La perle des Carpates ". Située en Valachie, à 40 km de Brasov et à 120 km au nord-ouest de Bucarest, Sinaia est une station de sports d'hiver et de randonnée touristique. La ville prit de l'ampleur dès la deuxième moitié du 19ème siècle, lorsque le Roi Carol I en fit sa résidence d'été. Les châteaux Palais de Peles et de Pelisor furent construits entre 1873 et 1914 dans un mélange de styles élégants : néo renaissance allemande et italienne, gothique, baroque, rococo, éléments d'art nouveau avec des décorations intérieures et extérieures en bois ouvragé). Les visiteurs, qui doivent chausser des patins pour visiter l'intérieur, sont rapidement ébahis devant les décorations fastueuses et la succession de pièces à thème (la salle d'honneur, la salle d'armes, l'ancienne salle de musique, le passage français, le salon turc, le théâtre qui contient une frise de Gustav Klimt datant de 1884, etc.).

Le chateau de Peles à Sinaia

Bucarest

De retour à Bucarest, nous nous rendîmes au " Count Dracula Club ", un restaurant/bar qui propose sept pièces à thème sur le thème du vampire. Les plats et les boissons portent des noms en rapport avec le film de F.F. Coppola. Des écrans passent également des scènes de films de vampire (Coppola, Murnau, Brooks, etc.).


Un aperçu du "Count Dracula Club" à Bucarest



Septième jour

Snagov

Notre dernière visite guidée nous mena à 40 km au nord de Bucarest, dans la localité de Snagov. Les restes de Vlad Tepes sont supposés reposer au monastère situé sur le Lacul Snagov (Lac Snagov). Le Monastirea Snagov (Monastère Snagov) fut fondé par Mircea le Vieux au 13ème siècle puis fortifié par Vlad III en 1456 (notamment avec un mur d'enceinte, un pont d'accès ainsi qu'un tunnel). Le monastère prit Vlad Tepes comme fondateur. Après avoir été uniquement accessible en barque pendant longtemps, l'île de Snagov est désormais reliée à la rive par un pont.


Le monastère de Snagov

Bucarest

Notre dernier après-midi à Bucarest fut consacré à des visites libres dans le centre historique, près de la rivière Dambovita. Sous une température de plus de 45°, nous visitâmes le Muzeul Palatul Voievodal Curtea Veche (Cour princière) construite par Vlad III. Résidence des dirigeants de Valachie pendant près de deux siècles (jusqu'en 1660), le Palais est le plus ancien monument de Bucarest. Vaste centre d'échanges commerciaux et politiques, regroupement des corporations d'artisans et de marchands, la Cour princière fut agrandie et réaménagée à plusieurs reprises. Entre 1458 et 1459, Vlad Tepes élargit la forteresse initiale de Mircea le Vieux et bâtit un mur d'enceinte.

La Cour princière dans le centre historique de Bucarest

Le centre historique contient plusieurs monastères et églises dont la Biserica Domneasca (Eglise princière), datant de 1546, construite en style valaque traditionnel et la Biserica Stavropoleos. Ce monastère orthodoxe, datant de 1722, se distingue par son style brancovan et byzantin.

Nous visitâmes également le Muzeul national de Istorie a Romaiei (Musée national d'histoire) qui renferme notamment la partie la plus intéressante : le Tezaurul roman (Trésor roumain). Le sous-sol est rempli d'une collection d'objets et de parures en or remontant à 5.000 ans avant JC, ainsi que des couronnes et des joyaux ayant appartenus à la famille royale. Le musée comprend une petite boutique qui propose des articles intéressants et inédits.

Les boutiques en duty free de l'aéroport proposent des souvenirs artisanaux, des tee-shirts sympathiques et autres souvenirs sur le thème de Dracula.


Portrait de Vlad Tepes au Monastère de Snagov

 


Conclusion

Ce circuit " spécial Dracula " est un beau voyage à conseiller aux passionnés de vampires. Les villes médiévales comme Sighisoara et Sibiu sont très agréables. Le tourisme se développant sensiblement, les villes proposent de nombreux hôtels, restaurants, pensions et auberges de qualité. Les touristes désireux de dépaysement peuvent profiter des ambiances médiévales et folkloriques ainsi que des restaurants de cuisine traditionnelle. La forteresse de Poenari, peu connue du grand public, mérite d'être visitée pour son panorama et son passé chargé d'histoire. J'ai été ravie par le bon accueil des Roumains et surtout par Adrian, notre très sympathique - et plus que compétent - guide.

Pour réserver votre voyage contactez Mirela - Agence Invitation Romania
http://www.invitation-romania.ro/fr/index.html

 



Bram Stoker
Vlad Tepes, le Dracula historique

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Où sont passés les vampires ?
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