Les ancêtres des
vamps sont issues de nombreuses légendes comme Lilith (la reine des succubes),
Salomé, Aphrodite, Circé ou encore Morgane. Ces déesses, démones ou magiciennes
étaient considérées à la fois comme protectrices mais également dangereuses, alliant
les domaines de la vie et de la mort. Ces divinités à la nature passionnée eurent
de nombreuses aventures amoureuses et des vengeances terribles. Les créatures
hybrides, mi-femme mi-animal (comme Lamia, les sirènes, les harpies ou encore
les stryges) séduisaient les hommes pour leur dérober leurs forces vitales ou
les dévorer. Cléopâtre, reine d'Egypte jalousée pour sa puissance, était également
une femme fatale. Elles inspirèrent toutes de nombreux artistes pour des poèmes,
des peintures, des opéras, etc.
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Lamia
- 1909 Herbert James Draper | Salomé
- 1871 Gstave Moreau | Circe - 1891 John
William Waterhouse |
Mata Hari,
néerlandaise, fut accusée d'espionnage pour l'Allemagne durant la première guerre
mondiale. Elle établit sa légende sur son personnage de danseuse éxotique, créé
de toutes pièces.

Mata
Hari
Le cinéma muet eut son lot de vamps avec Theda
Bara, Musidora, Helen Gardner, Nita Naldi, Louise Glaum, Pola Negri, etc. Ces
actrices, à la peau fardée de blanc, surlignaient également leurs yeux d'une épaisse
couche d'eyeliner. Leur regard perçant accentuait alors leur aura de mystère.

Nita
Naldi et Rudolf Valentino
En 1915, l'actrice Theda
Bara devint célèbre avec le film " A fool there was ", puis en 1917 avec son rôle
dans " Cléopâtre ". Elle fut surnommée " the vamp " ou encore " Arab Death ".
A l'époque, Theda Bara était un véritable sex-symbol et la première figure gothique.
Le studio entreprit une campagne sur son image sulfureuse et son passé imaginaire.
Le public américain raffolait des personnages féminins venant de l'étranger, entourés
de mystère et d'exotisme. Theda Bara évoluait dans des décors orientaux, entourée
de crânes, de serpents, parée de bijoux et de voiles transparents. L'extravagance
des costumes ainsi que les rumeurs sur sa vie tumultueuse fascinaient alors le
public. On lui prêtait également des pouvoirs surnaturels.
Theda
Bara
Toujours en 1915, l'actrice Musidora incarna
le personnage d'Irma Vep (anagramme de vampire) dans le serial " Les vampires
" de Louis Feuillade. Evoluant dans une combinaison noire moulante, chef d'une
bande de criminels, elle devint la muse des surréalistes.

Musidora
En
1930, le Professeur Rath, héros du film allemand " L'ange bleu ", tombe sous le
charme d'une chanteuse de cabaret interprétée par Marlène Dietrich. Il sera littéralement
vampirisé par son amour passionnel.
Durant
les années 40 et 50, les femmes fatales peuplèrent les films noirs américains,
comme Mary Astor dans " Le faucon maltais " en 1941, Gene Tierney dans " Péché
mortel " en 1945 ou encore Rita Hayworth dans " Gilda " en 1946.
Dans
les années 50, Malia Nurmi incarna le personnage d'une femme vampire nommée Vampira.
A partir de 1954, elle présenta des films d'épouvante dans son émission " The
vampira show ". Deux décennies plus tard, le personnage de Vampira influença énormément
le mouvement gothique. En 1959, elle joua aux côtés de Bela Lugosi dans le film
d'Ed Wood, " Plan 9 from outer space ". L'actrice et présentatrice Cassandra Peterson
reprit son look à partir des années 80 pour son personnage d'Elvira, maîtresse
des ténèbres.
Malia
Nurmi
Morticia Addams, personnage de la série télévisée
" La famille Addams " (débutée en 1964) incarnait également la vamp. Dans cette
comédie horrifique, Morticia alliait beauté glaçante et humour macabre.
En
1988, la rousse incendiaire Jessica Rabbit faisait tourner les têtes dans le dessin
animé " Qui veut la peau de Roger Rabbit ? ".
Conclusion
La
vamp est une des déclinaisons du vampire, fortement liée au mouvement gothique.
Cette femme fatale incarne parfaitement la séduction mortelle qui entoure le personnage
de la femme vampire.