Le vampire de Sacramento


Contexte

Richard Trenton Chase, né le 23 mai 1950 en Californie, fut surnommé par la presse " Le vampire de Sacramento " ou encore " The Dracula killer ". En 1977 et 1978, il fit six victimes, mutilant les corps, buvant leur sang et pratiquant des actes de cannibalisme et de nécrophilie.


Profil

Richard Chase vécut avec une mère abusive. Dès l'âge de 10 ans, il développa des premiers symptômes de violence (tendances pyromanes, tortures d'animaux). A l'adolescence, il souffrait de problème d'érection et de colère refoulée. Totalement hypocondriaque, il se plaignait sans cesse que son cœur s'arrêtait de battre, et croyait également que les Nazis voulaient lui injecter du savon dans les veines, transformant ainsi son sang en poudre…

Persuadé que sa mère voulait l'empoisonner, il quitta le domicile familial pour s'installer, en colocation, avec des amis. Il consommait quotidiennement des drogues et de l'alcool, se promenant nu dans l'appartement. Devant son comportement déplacé, ses colocataires préférèrent quitter les lieux. Seul dans l'appartement, Richard Chase était désormais libre de capturer, torturer et tuer des animaux. Il dévorait leur chair crue ou mixait un organe avec du sang, pensant que ce mélange serait bénéfique pour son cœur et que ce sang remplaçait le sien. Un jour, il se présenta à l'hôpital en déclarant qu'on lui avait volé son artère pulmonaire et qu'il sentait bouger les os de son crâne.


Internement

En 1975, après s'être injecté du sang de lapin dans les veines, il fut interné. Richard Chase souffrait du syndrome de Renfield et réussit à attraper des oiseaux pour boire leur sang. Les employés commencèrent à le surnommer " Dracula ". Beaucoup d'incidents furent par la suite reportés, notamment que ce patient avait volé des seringues et pris le sang du chien thérapeutique de la clinique. En 1976, après un traitement, il fut finalement déclaré non dangereux pour la société puis relâché, sous la surveillance de sa mère.

Peu de temps après, la mère décida que son fils n'avait plus besoin de prendre de médicaments. Richard Chase prit un nouvel appartement, acheta des armes à feu et s'entraîna au tir. En mai 1977, il fut arrêté dans une réserve indienne, nu et couvert de sang. Un bidon ensanglanté et des armes furent découverts dans sa camionnette. Il déclara revenir de la chasse, et aucune charge ne fut retenue contre lui. Richard Chase lisait régulièrement les articles sur " L'étrangleur de Hillside ", qui sévissait alors à Los Angeles. Il continuait à attraper et à voler des animaux, pour les torturer et boire leur sang.


Meurtres en série

Le 27 décembre 1977, une femme rapporta qu'on avait tiré sur sa maison. Le 29 décembre, Richard Chase tua un homme par balles. Le lendemain, un garçon rapporta qu'un homme avait tenté de lui tirer dessus. Le 21 janvier 1978, Richard Chase attaqua une jeune femme chez elle, puis la tua en lui tirant dessus à trois reprises. Il eut ensuite des rapports sexuels avec le cadavre, puis le mutila et se couvrit le corps avec le sang de la victime. Deux jours plus tard, il tua deux chiens du voisinage et but leur sang.

Le 27 janvier 1978, Richard Chase entra dans la maison d'une femme et assassina quatre personne : la propriétaire, son fils, son neveu de 22 mois et une amie de la famille. Il réitéra ses pratiques nécrophiles sur le corps de la propriétaire, et la dévora partiellement, laissant des empreintes de mains très nettes dans le sang. Lorsqu'une gamine du voisinage sonna à la porte, le meurtrier s'enfuit dans la voiture d'une des victimes, emportant le corps du bébé. Rentré chez lui, il but le sang du cadavre et en mangea plusieurs organes, dont le cerveau. Il sortit ensuite pour se débarrasser du corps dans les environs. C'est là qu'une femme, qui l'avait côtoyé au lycée, le croisa...


Arrestation

Elle fut choquée par son attitude confuse et agitée, ainsi que par son apparence crasseuse. Richard Chase la suivit mais abandonna lorsque la jeune femme s'enferma dans sa voiture. Elle relata l'incident et donna son signalement à la police. Après avoir enquêté sur son passé, les policiers se présentèrent à son domicile, où Richard Chase se rendit sans résistance. Ils trouvèrent ses chaussures ensanglantées, et purent les comparer aux traces qu'il avait laissées chez ses dernières victimes. Ils notèrent de nombreuses traces de sang dans tout l'appartement et saisirent une arme à feu.

Au poste de police, Richard Chase avoua avoir tué des chiens mais nia son implication dans les différents meurtres. Les preuves collectées, dans son appartement à l'odeur nauséabonde, étaient pourtant flagrantes : traces de sang partout, notamment sur des verres et dans son mixeur, os d'animaux et tissus humains dans le frigo, dates des meurtres entourées sur un calendrier, annonces de vente de chiens, livre d'anatomie, vêtements souillés de sang. Le 24 mars 1978, le corps du bébé fut enfin retrouvé.


Procès

Richard Chase fut jugé coupable de six meurtres au premier degré. Pour lui éviter la peine de mort, la défense tenta de s'appuyer sur son passé psychiatrique, plaidant des meurtres au second degré. Plusieurs psychiatres l'examinèrent et rapportèrent un fort délire de persécution. Il se disait Juif et affichait une crainte des Nazis ainsi que des ovnis. Il déclara qu'il n'était pas responsable des crimes, se référant à ses problèmes sexuels et aux vertus thérapeutiques du sang.

Le 8 mai 1978, à la suite d'un procès très médiatisé, le jury le jugea pleinement coupable et le condamna à être exécuté. Le 26 décembre 1980, Richard Chase fut retrouvé sans vie dans sa cellule, mort d'une overdose de médicaments. Il aurait accumulé ses pilules quotidiennes, pour les absorber en une seule fois. Son cas est toujours utilisé par le FBI comme exemple de tueur désorganisé.


Conclusion

Dans sa folie, Richard Chase était persuadé qu'on tentait de l'empoisonner. Il trouvait donc normal de remplacer son sang par celui d'animaux, dans un premier temps, puis d'êtres humains. Il n'avait pas de préférence particulière dans le choix de ses proies. Si la porte d'une maison était ouverte, il considérait cela comme le signe qu'il était le bienvenu. Etant donné le caractère particulièrement horrible de ses crimes et de son goût pour le sang, on comprend que les journalistes de l'époque l'aient surnommé " le vampire de Sacramento ".


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Vampires ! Une histoire sanglante

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