Le vampire de Hanovre


Contexte

Fritz Haarmann, dit " le vampire de Hanovre " était un tueur en série ayant sévi en Allemagne juste après la première guerre mondiale. Lors de son procès, il fut reconnu coupable des meurtres de 27 jeunes hommes. Il avait gagné une respectabilité auprès de la population en procurant, en ces temps de misère, nourriture et vêtements. Son statut de bienfaiteur cachait en fait une monstrueuse personnalité.


Enfance et carrière

Fritz Haarmann, dernier de six enfants, naquit en 1879 à Hanovre (Allemagne). Dès son plus jeune âge, Il détesta son père, un conducteur de locomotive, volage et alcoolique. Par contre, il vouait une grande affection à sa mère qui, après sa dernière grossesse, passa le plus clair de son temps alitée. Il était d'un naturel renfermé et capricieux, et sa mère lui passait toutes ses envies. Ses deux principales occupations était une passion pour les activités féminines (jeu avec des poupées, travestissement, travaux de couture, cuisine) et le plaisir de terroriser ses trois sœurs. Ayant un physique solide, il commença une carrière militaire mais, à la suite d'une grave crise de neurasthénie, il dût abandonner. Il en gardera une modeste pension à vie. Son casier judiciaire fut bien rempli : dès 17 ans il fut condamné pour attentats à la pudeur sur des enfants. Par la suite, il vécut de larcins et d'escroqueries. Condamné en 1913 à cinq ans de prison, il échappa ainsi à la guerre.


Meurtres en série

L'après-guerre, dans une Allemagne vaincue, fut la période idéale pour ses magouilles. La population luttait au quotidien pour se procurer les biens de consommation les plus courants : nourriture, combustible et vêtements. Il tira partie de l'inflation, du marché noir, des trafics en tous genres (il loua même une boutique pour entreposer ses marchandises), de corruption et de dissolution des mœurs. En 1922, il devint même un indic pour la police pour que celle-ci ferme les yeux sur ses trafics. A 45 ans, cet homosexuel notoire avait une allure débonnaire et engageante. Ses voisins assistaient à la valse de ses conquêtes, toujours de très jeunes garçons. A cette époque, il rencontra Hans Grans, un trafiquant d'une vingtaine d'années. Grans devint son amant régulier et le complice de ses futurs crimes.

C'est à la gare qu'Haarmann recrutait ses victimes, des garçons sans le sou, en leur promettant du travail ou un endroit pour passer la nuit. Parfois, il les arrêtait simplement en enjolivant son statut d'indicateur pour la police. Grans s'éclipsait alors et lui laissait le champ libre pour exercer ses pulsions sexuelles et meurtrières. Après ses ébats, Haarmann mordait ses victimes à la trachée jusqu'à ce que mort s'en suive. Son autre surnom " le boucher de Hanovre " vient du fait qu'il découpait ses victimes puis vendait les morceaux " de viande " sur le marché noir. Il se débarrassait de certaines parties des corps, notamment les têtes après avoir réduit les crânes en morceaux, en les jetant dans la rivière Leine. Des voisins avaient signalé ses allées et venues avec de lourds sacs à la police. Il aurait ainsi pu être arrêté un an plus tôt.


Arrestation et procès

En 1924, sa négligence ou sa paresse finirent par le trahir quand plusieurs crânes furent retrouvés dans la rivière. D'après les autopsies, ils appartenaient à des garçons de 12, 18 et 20 ans. Plus tard, un sac d'os humains fut trouvé sur un terrain marécageux. Devant l'ampleur des crimes, les autorités ne pouvaient plus se permettre de négliger l'affaire, d'autant que des cas de disparitions de garçons avaient été récemment signalés. La population s'inquiéta (on parla d'un loup-garou) et de nombreux volontaires décidèrent de fouiller les environs à la recherche d'autres éventuels restes humains. Après une succession de découvertes macabres, les autorités sondèrent la rivière. Là encore les découvertes furent horribles : plus de 500 morceaux étaient enfouis dans le limon.

Chaque voleur et délinquant sexuel fut interrogé et, par une série de recoupement, Fritz Haarmann fut finalement arrêté. Un jeune s'était plaint que " l'oncle Fritz " l'avait menacé avec un couteau pour abuser de lui. Haarmann était déjà fiché pour des trafics de nourriture et de vêtements ainsi que listé comme homosexuel. Dans les premiers temps, son physique sympathique de " monsieur tout le monde " et son apparente respectabilité ne laissaient pas présager de la suite. Les policiers retrouvèrent à son domicile des vêtements et d'effets personnels qui furent identifiés par les familles de jeunes disparus. Il déclara pour sa défense que ces habits usagés faisaient partie de son commerce, et que rien ne le déclarait encore coupable de meurtres. Il avoua tout de même avoir eu des relations sexuelles avec certains des garçons.

Interrogé par les policiers, il devint vite nerveux et changea de comportement. La police ayant eu peur d'être accusée de laxisme ou même de complicité, employait alors des méthodes musclées pour obtenir des aveux. Il finit donc par avouer ses crimes. Son procès dura 14 jours durant lesquels se succédèrent plus de 200 témoins. Les déclarations de ses voisins se firent accablantes. Haarmann ne se souvenait plus du nombre exact de ses victimes, mais il les estima à plus de 40 en six ans. Il choisissait les garçons les plus beaux : pour lui, il était plus facile de tuer quelqu'un qu'on aime et ainsi lui apporter la paix !

Il déclara : " Je suis sain de corps et d'esprit ! Il m'arrive seulement d'avoir des lubies de temps en temps. Je veux être décapité. Ce n'est qu'un mauvais moment à passer, après j'aurai la paix. ". Il était fier d'avoir dupé ses concitoyens. Des expertises psychologiques furent menées pour comprendre ses pulsions. Un ouvrage scientifique a été rédigé sur ces analyses. Après ses 24 condamnations à mort par décapitation en 1925, sa tête fut mise à la disposition des scientifiques. Sa mort fut passée sous silence, certains complices involontaires préférant vite oublier le goût des plats de Herr Haarmann. Par la suite, on retrouva deux lettres écrites de sa main, clamant l'innocence de Grans.



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