Erzsébet Bathory


Introduction

Au 16ème siècle, la Hongrie était en proie à la famine et la misère. Les guerres contre les Turcs étaient incessantes. La superstition et la sorcellerie tenaient une grande part dans les croyances de l'époque. C'est dans ce contexte qu'a vécu la Comtesse Erzsébet Bathory, accusée en 1611 d'avoir torturé et assassiné des centaines de jeunes filles.


Histoires de famille

Née en 1560, Erzsébet passa sa jeunesse dans de sombres châteaux. Elle fut marquée par la violence latente de l'époque et les assassinats successifs de ses proches parents. Elle était issue d'une illustre lignée princière de Transylvanie. De nombreux membres de sa famille, victimes de mariages consanguins, étaient épileptiques. Certains, à moitié dérangés, avaient des accès de brutalité et de cruauté. Erzsébet, souffrait elle-même fréquemment de graves maux de tête. Les Bathory étaient sans doute de descendance allemande, ils obtinrent au 13ème siècle le titre de " Bator " signifiant courageux.

Fiancée à 11 ans, elle vécut avec sa belle-mère, une femme austère qui la priva de toutes les joies de l'enfance, en l'astreignant aux pieuses lectures et aux prières. Elle épousa à 15 ans le jeune noble hongrois Ferencz Nadasdy. Il devint rapidement un grand combattant contre les Turcs, délaissant sa femme pour les champs de bataille. La jeune Comtesse passait ses ennuyeuses journées en son château de Csejthe (situé dans une région montagneuse et désertique, proche des Carpates). Sa belle-mère lui conseilla un jour de consulter une rebouteuse, capable de lui donner des élixirs de fertilité. L'obsession d'Erzsébet pour conserver sa beauté naquit à ce moment là. Par la suite, elle alla fréquemment se procurer en secret nombre de potions.

En 1579, la mort de sa belle-mère lui donna les pleins pouvoirs sur la forteresse de Csejthe. Elle eut des penchants lesbiens, notamment envers les plus belles de ses servantes. Erzsébet eut trois enfants de son époux et était, selon son entourage, une mère aimante et attentive. Elle s'intéressa à la magie noire par le biais d'une sorcière nommé Dorko. Du vivant de son mari, elle laissa s'exprimer sa cruauté et ses penchants sadiques en torturant et en tuant quelques paysannes. Ses crises de folie la libéraient de ses incessants maux de tête.


Folie sanguinaire

En 1604, à la mort de son époux, Erzsébet pu donner libre cours à ses plaisirs coupables à l'aide de ses âmes damnées : la sorcière Dorko, sa nourrice Jo Ilona, son homme à tout faire Ficzko et Katalin, une servante qui aidait au transport des cadavres. Elle fut également influencée par une autre sorcière, Darvulia, qui l'initia aux plus cruelles tortures. La Comtesse promettait une bonne place aux jeunes paysannes qui habitaient aux alentours de son château. Les filles se retrouvaient rapidement enchaînées dans les cachots, mourant de froid, de faim, ou sous les coups de la Comtesse. Le nombre exact de ses victimes reste flou : on parle de 300 à 600 jeunes filles. Outre les tortures par le fer, le feu, la malnutrition, les mutilations ou le froid, la Comtesse utilisa la vierge de fer.

C'était une sorte de sarcophage garni de piques acérées, dans laquelle elle enfermait ses victimes. Le sang coulait ainsi abondamment et la mort des malheureuses était lente et douloureuse.

Au fil des années, ses complices ont eu du mal à trouver de nouvelles recrues. Les rumeurs de disparitions circulaient dans les villages et les paysans se montraient méfiants. Elle mit à mort quelques jeunes filles de la noblesse, qui lui avaient été confiées pour parfaire leur éducation. Un nouveau pasteur - plus courageux que son prédécesseur - refusa de fermer les yeux sur toutes ces mystérieuses morts. Il avait apprit le nombre incroyable d'inhumations de jeunes filles. Il alla même jusqu'aux souterrains du château et y découvrit nombres de cercueils où gisaient les cadavres de jeunes servantes. Il eut la bonne idée de ne pas toucher au gâteau empoisonné que lui avait envoyé la Comtesse ! Ses plaintes et accusations mirent du temps à décider la Cour. Finalement, en 1610, le Comte Gyorgy Thurso, cousin d'Erzsébet, prit le prétexte de rendre visite à sa cousine pour pouvoir enquêter sur ces disparitions. Selon la légende, il débarqua en plein milieu d'une des orgies sanglantes. Il découvrit, dans les souterrains du château, des cadavres mais aussi des dizaines de paysannes enchaînées. Certaines avaient reçu des milliers de piqûres d'aiguille…

Le procès de " la Comtesse sanglante " se tint en 1611. Du fait de ses liens de parenté avec la famille royale, elle ne fut pas condamnée à la peine capitale. Mais, devant la sauvagerie de ses actes, il fut décidé qu'elle serait emprisonnée en son château de Csejthe. Elle fut enfermée dans une tour dont les fenêtres et la porte furent murées. On ne laissa qu'un interstice pour y passer sa pitance. Ses complices, quant à eux, furent torturés puis exécutés. La Comtesse survécut dans ces conditions durant plus de trois ans et mourut finalement en 1614.


Un vampire humain ?

La Comtesse n'était bien sûr pas un vampire, mais son penchant pour le sang est à l'origine de sa légende. Elle aimait prendre des bains de sang frais (et selon certaines rumeurs, boire du sang) pour préserver sa jeunesse et sa beauté. La légende raconte que cette obsession naquit le jour où, en giflant une servante, du sang gicla sur sa main. Erzsébet crut alors voir sa peau se régénérer grâce à ce fluide ! A cinquante ans, selon les témoins, elle était encore très belle ; son étrange attitude fascinait et épouvantait à la fois. Elle reçut lors de ses passages à Vienne, le surnom de " Comtesse sanglante ". Elle pensait avoir droit de vie et de mort sur chacun de ses sujets et nul ne devait résister à ses envies. Elle adorait voir souffrir et supplier ses servantes. Le château maudit de Csejthe fut abandonné après sa mort. Son histoire a inspiré de nombreux films, romans et bandes dessinées où se mêlent lesbianisme, supplices et perversions.



Comtesse de sang, la
Comtesse sanglante, la

Blood confession
Dame noire, la

Beau monstre de Csejthe, le

Comtesse en noir, la
Comtesse rouge, la
Elisabeth Bathory
Elizabeth Bathory (Tome 1)
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Atmosfear IV

Chroniques d'Erzebeth, les
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